86 DES FILATURES.
La broche est soutenue par des cuirs fixés dans les marion-nettes : quelques ouvriers emploient à cet usage des feutres dechapeaux ; d’autres se servent de tresses de paille : ces deux pra-tiques sont vicieuses, car les feutres sont plus accessibles à l’hu-midité qui les gonfle et les amollit, et les tresses de paille sedérangent fréquemment et produisent un frottement inégal.
Rouet à simple broche, PI. VIII, fig. 6.
294. Cette espèce de rouet sert à la fdature de la laine cardée,de la bourre de soie et du coton. Voici les principales différencesqui le distinguent des rouets dont nous avons parlé : il est, engénéral, peu élevé au-dessus du sol ; la roue en est plus grande,et est mue sans manivelle par la simple impression de la mainsur un des rayons. La broche est plus longue et plus grosse ; elleest placée au-devant des poupées, auxquelles sont attachées deuxpetites barres avancées qui le portent ; sa pointe est saillanted’environ six pouces hors des supports. Cette broche porte unenoix, à laquelle correspond la corde sans-fin destinée à la mettreen mouvement.
La corde sans-fin est ouverte ou croisée, suivant que l’on veutfiler plus ou moins tors. Quand la corde est ouverte, le mouve-ment , étant plus libre, s’accélère, et il opère de gauche àdroite : la corde croisée produit l’effet opposé.
295. La fileuse recouvre la pointe de la broche d’un papierquelle roule dessus, le tortillant légèrement au bout pour l’yfixer. Elle se place debout devant son rouet, tenant de la maingauche la loquette , ploqueou boudin. (Ces mots sont synonymes,et indiquent le rouleau, ou, pour mieux dire, le cône de fila-mens que l’on doit filer). Elle en tire une petite partie , quelleattache vers le milieu de la pointe de la broche ; puis elle faittourner la roue de la main droite ; elle étire, en élevant la gauche