Buch 
Mémoires sur les canaux de navigation, et particulièrement sur le canal du centre, autrefois canal du Charolais / par M. Gauthey ... publié par M.Navier
Entstehung
Seite
158
JPEG-Download
 

138 —

lundis que ce sont les mois de juin et juillet où il pleut davantage, ce qui paraitcontraire à l’opinion commune et à l’expérience, qui fait voir que les sourcessont environ huit fois plus abondantes en hiver qu’en été. Mais on doit observerque, pendant l’été, la plus grande partie de l’eau qui tombe est évaporée avant(jue d’être parvenue aux sources, et qu’il en entre encore une partie considérabledans les ruisseaux peu de temps après la pluie, ce à quoi je n’ai pas eu égarddans les jauges, ne les ayant jamais faites que plusieurs jours après les pluies.

Après avoir fait toutes les opérations nécessaires pour m’assurer de la quantitéd’eau que l’on pourra conduire au bassin de partage, et des moyens qui m’ontparu les plus propres pour la ménager et éviter les inconvénients d’un entretienrr;.cé.mcanal, dispendieux, j’ai cherché à tracer l’emplacement du canal le long des rivièresde Bourbince et de Dheune, et à cet effet j’en ai jalonné toutes les lignes, enles plaçant toujours au-delà de l’inondation, autant que cela a été possible, afinque les eaux des rivières ne pussent y porter aucun préjudice. Il s’est trouvécependant plusieurs endroits le long de la Bourbince, où cette rivière joint descoteaux un peu escarpés, et où il a fallu placer le canal dans la rivière même.Dans ce cas, l’on a projeté de faire des levées le long du nouveau lit avec lesterres que l’on déblayera pour le former, cl on garantira parce moyen le canal, lelong duquel on formera toujours les levées ordinaires et les chemins de tirage.

On a eu l’attention de traverser les vallons où coulent des ruisseaux un peu

AfjUcduCS.

considérables sur des levées, qui auront une assez grande hauteur pour y placerdes aqueducs suffisamment grands pour donner passage à toutes les eaux quefournissent les ruisseaux dans les débordements. Pour régler la grandeur deces aquéducs, on a mesuré la surface du terrain qui reçoit les eaux de pluie quicoulent dans chaque ruisseau. On a ensuite mesuré la largeur et la hauteur oùl’eau s’élevait sous les ponts des grands chemins voisins dans les plus grandespluies d’orage, et après avoir aussi mesuré l'étendue du terrain recevant leseaux de pluie qui se réunissent dans les ruisseaux qui passent sous ces ponts,on en a déduit l’ouverture des aquéducs à construire sous le canal, en ne leurdonnant que 1 à 1,3 mètre de hauteur au plus, et réglant les largeurs de tellesorte que l’eau des orages ne surmontât {tas les clefs. Lorsqu’on a pu donner unehauteur plus grande aux aquéducs, on en a diminué la largeur à proportion dela hauteur que l’on donnait de plus. On a un peu augmenté ces proportionslorsque les ruisseaux viennent de montagnes rapides.

En jalonnant les lignes, on en a fait un nivellement exact dans toute la lon-gueur du canal, en prenant des profils en travers dans tous les endroits où le