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du dernier, finie en 1764, est l’époque de l’introduction en France delaméthodede fonder par caissons ; dont on a vu que l’application aux ponts était duc à laBclie, et que M. de Cessai t y employa pour la première fois.
Le pont de Neuilly, commencé en 1768, par Perronet , réunit à l'effet queles grands artistes savent produire avec une décoration simple, toute la perfec-tion dans l’exécution dont ce genre d’ouvrage est susceptible. Ce fut peu detemps après sa construction que l’on commença à donner aux arches des pontsla forme d’un arc de cercle, dont les naissances sont placées à peu près au niveaudes hautes eaux. Le pont Fourchards, projelté par M. de Yoglic et bâti parM. de Limay ; le pont de Pesmes, bâti en 1772, par M. Bertrand; le pont dePont-Sainte-Maxencc, bâti en 1784, par le célèbre auteur du pont de Yeuilly,donnèrent les premiers exemples de ce genre de construction. Ils ont été suivispar plusieurs autres ingénieurs. En 1787, Perronet commença, à Paris , le pontde la Concorde, où il réduisit, plus qu’on ne l’avait fait encore, l’épaisseur despiles et celle des voûtes.
La description des ponts élevés jusqu’à présent en France sera partagée entrois sections, qui se trouvent comprises entre des époques assez remarquables.La première section comprendra le petit nombre de ponts bâtis par les Romains,et ceux qui ont été construits depuis le douzième siècle jusqu’à la fin du quin-zième : tous ces ponts sont fondés par enrochement à peu de profondeur, sontextrêmement étroits, et, quoique quelques-uns soient fort longs, ils présententtous les traces de la plus grande économie. Dans la seconde section, on traiterades ponts construits depuis le commencement du seizième siècle jusqu’à celui dudix-huitième : c’est alors que l’on a commencé à bâtir de grands ponts en pierredans l'intérieur des villes, à leur donner beaucoup de l’argeur, à les construireet à les décorer avec soin. La troisième section comprendra les ponts élevésdepuis l’établissement du corps des ponts et chaussées jusqu'à nos jours.
1° DES PONTS BATIS EN FRANCE JUSQU’A LA FIN DU QUINZIÈME SIÈCLE.
Pont de Sommières, scr la Yidocrle. (PL III, fig 46).
Ce pont est attribué aux Romains. Il est composé d’une arche en plein cintrede 8",8, et de sept arches de 9 m ,8 d’ouverture. Les piles sont ouvertes dans lapartie supérieure. La largeur, d'une tète à l’autre, est seulement de7 m ,o.