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Tome premier.
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Cette équation donnera la valeur de la vitesse moyenne avec une exactitudesuffisante dans les applications ; mais il faut observer qu’elle suppose essentielle-ment que la grandeur de la section du fleuve, et la valeur de la pente, sontsensiblement les mêmes sur une assez grande longueur pour que la vitessemoyenne y puisse être regardée comme constante; et il est nécessaire d’avoirégard à cette considération quand on veut faire usage de cette formule.

De la manière de régler le débouché, relativement à la masse des

eaux du fleuve.

Les dimensions du lit des fleuves sont généralement assez constantes. A l'ex-ception des cas particuliers où ils coulent dans des terrains sablonneux, quicèdent avec tant de facilité à l’action des eaux, que le courant peut à chaquecrue se porter dans des endroits différents, il s’établit dans chaque point ducours de la rivière un certain équilibre entre l’action exercée par les eaux surles parois, et la ténacité des matières dont le lit est composé; et en vertu de cetéquilibre il n’arrive pas ordinairement de changements bien remarquables dansla grandeur ni dans la forme du lit, qui conserve toujours à peu près le mêmerégime. Mais si, par l’effet d’une cause quelconque, la force avec laquelle l’eautend à corroder et à détruire le fond et les bords de son lit est augmentée, le litsera forcé de s’agrandir jusqu'à ce que l'équilibre se soit établi de nouveau, àmoins que les parois ne soient composées de matières qui présentent une résis-tance plus considérable que la force avec laquelle elles sont attaquées. Si lavitesse du fleuve avait au contraire subi une diminution, le lit se comblerait parl’effet de dépôts successifs, jusqu’à ce que la grandeur de la section fût redevenuetelle que celte vitesse eût repris, avec la résistance du fond, le rapport marquépar la nature pour la stabilité du régime du fleuve (1).

Il résulte de ces principes que, si l’on diminuait la largeur d’une rivière pardes travaux faits dans son lit, la vitesse étant forcée de s’accroître, il se formeraitun remous et une chute, les eaux réagiraient sur le fond, et le lit s’approfon-dirait jusqu’à ce que l’accroissement de la section, combiné avec celui de lavitesse, fût capable de compenser la diminution de largeur que le fleuve auraitsubie, et jusqu’à ce que cette vitesse se retrouvât en équilibre avec la résistancedu fond. Si l’on venait au contraire à augmenter la largeur du lit, la vitesseétant forcée de diminuer, ce lit tendrait à se combler.

( 1 ) On trouvera à la fin du chapitre des notions relatives à la résistance que des terrainsde diverses espèces opposent aux courants.