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Tome premier.
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CHAPITRE III.

DE L’ÉPAISSEUR QU’ON DOIT DONNER AUX VOUTES DES PONTS.

Après avoir déterminé la courbure des arches, la première question qui seprésente à résoudre est celle de l’épaisseur des voûtes à la clef, puisque cetteépaisseur détermine la grandeur et la direction delà poussée, et par conséquentla résistance dont les culées devront être capables. Les ouvrages des anciens, etmême ceux des modernes, offrent sur cet objet de très grandes différences.Plusieurs constructeurs ont tenté cependant de le soumettre à des règles précises;mais comme ces règles n’étaient point fondées sur des principes certains etpalpables, chacun s’est cru autorisé à ne pas s’astreindre à les suivre exactement.Nous allons d’abord exposer en peu de mots les plus connues.

Les principaux architectes italiens, tels qu’Alberti, Palladio et Serlio , en ontindiqué vaguement quelques-unes : les uns ont fixé pour cette épaisseur lequinzième, d’autres le douzième ou le dix-septième de l’ouverture de l’arche.On voit sur-le-champ que de pareilles indications, sans s’éloigner précisémentde la vérité, parce qu’elles sont fondées sur l’expérience de ponts déjà exécutés,ne méritent d’ailleurs aucune confiance, dès que l’on sort des formes et desdimensions ordinaires. Leurs auteurs ne paraissent pas s’en être rendu compte,et ne les ont appuyées sur aucun raisonnement.

Il en est de même des règles données par Gauthier, dans son Traité des Ponts.Il a distingué les voûtes construites en pierre dure et en pierre tendre, et ildonne aux premières le quinzième de leur ouverture quand elle passe dixmètres, et aux secondes environs 52 centimètres de plus. Il n’a pas égard d’ail-leurs aux formes différentes que les voûtes peuvent présenter ; et, pour recon-naître combien sa règle est fautive, il suffit de remarquer que les voûtes dupont de Neuilly se soutiennent avec i m ,62 d’épaisseur à la clef, tandis que,d’après Gauthier, elles devraient en avoir 2 m .6.

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