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résistance de la pierre dont elles sont construites; et il suffirait d’avoir égard auxchocs auxquels ces voûtes sont sujettes en raison du mouvement des voitures,pour ne pas s’exposer à donner une épaisseur trop faible, surtout dans les voûtesd’un petit diamètre , où la pression est peu considérable.
Si l’on calcule la pression que supportent les voussoirs , au sommet des archesles plus hardies, on trouve que cette pression est fort inférieure à celle quiserait nécessaire pour écraser la pierre. Au pont de Neuilly, par exemple, lapression horizontale que la clef supporte, sur un mètre de longueur, est d’en-viron 14,000 kilogrammes, en supposant la maçonnerie arrasée de niveau avecle sommet de l’extrados; et d’environ 185,000 kilogrammes, en ayant égard àla surcharge du sable et du pavé, et à celle des voitures ou des passants que lepont peut avoir à porter accidentellement. Les voûtes sont construites en pierrede Saillancourt, et, d’après les expériences de M. Rondelet (1), un cube decette pierre, de première qualité, ayant 5 centimètres de côté, exige pour êtreécrasé une pression d’environ 3.500 kilogrammes. Par conséquent les voussoirsayant au sommet de la voûte l m ,624 de hauteur, la force nécessaire pourécraser la pierre, en la supposant proportionnelle aux surfaces, serait de 2,274,000kilogrammes, c’est-à-dire égale à plus de douze fois la pression à laquelle clic estexposée.
Dans l’arche de 48">,7 d’ouverture, projettée pour Melun , et formée d’unseul arc de65 ra de rayon, la pression sur la clef aurait été, pour un mètre delongueur, d’environ 240,000 kilogrammes, eu égard à la grande pesanteur spé-cifique de la pierre, qui devait être de grès dur, et aux surcharges accidentelles.Mais si l’on évalue seulement à 15,000 kil. la résistance de celte espèce de pierresur une surface de 25 centimètres carrés, ce qui est au-dessous des résultatspubliés par M. Rondelet, la force nécessaire pour produire l’écrasement sur lahauteur de l m ,624 donnée à la clef sera de 9,744,000 kilogrammes, c’cst-à-direégale à plus de quarante fois la pression.
Il semblerait, d’après cela, que l’on pourrait adopter pour les voûtes desépaisseurs fort au-dessous de celles que les constructeurs expérimentés sont enusage de leur donner. Mais aussi le calcul suppose que les voussoirs portentexactement les uns sur les autres dans toute la surface des plans de joint, etqu’après la construction il n’y a aucun jeu dans les différentes parties de la voûte.Cette hypothèse ne serait pas éloignée de la vérité, si les plans de joint des
(I) \ oyez à la fin du chapitre.