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Tome premier.
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les ouvriers nomment fières, et qui s’écrasent avec beaucoup de peine, n’ont besoin qued’une force peu considérable pour s’éclater quand elles ne sont pas pressées bien égalementsur toute leur surface.

On peut distinguer dans les pierres, relativement à la manière dont elles cèdent aux pres-sions qu’elles supportent, deux qualités principales. Les pierres dures dont le grain est fin,l’agrégation homogène et compacte, se divisent avec bruit en lames ou en aiguilles verticalesavant de se réduire en poussière. Les pierres tendres qui n’ont pas ces qualités au même degré,se divisent d’abord en pyramides qui ont pour bases les faces du solide, et dont le sommetest au centre : les deux pyramides verticales écartent les autres en agissant comme des coins;elles se partagent toutes en petits prismes verticaux, et finissent par tomber également enpoussière. Il est important d’avoir égard à la manière dont une pierre s’écrase, quand onveut juger exactement de sa qualité. Il est rare, en effet, que dans les constructions les pierresportent exactement sur toute la surface de leurs plans de joint. Elles sont donc exposées sou-vent à se fendre et à s’éclater, et une pierre dure peut s’éclater plus facilement qu’une pierretendre, quoiqu’elle paraisse offrir une plus grande résistance, si l’on a seulement égard aupoids qui est nécessaire pour écraser l’une et l’autre.

Il est également important de remarquer que dans les expériences où l’on augmentait suc-cessivement la pression à laquelle les pierres étaient soumises, la plupart ont manifesté delégères fentes avant d’ètre chargées de tout le poids qui a été nécessaire pour les écraser. Enlaissant agir la charge pendant un ou deux jours , la pierre s’écrasait alors sous un poids moinsconsidérable. Ainsi il n’est pas possible dans les constructions de supposer, à beaucoup près,la force des pierres égale à celle qui est indiquée dans les tableaux ci-dessous qui contiennentles poids sous lesquels elles se sont écrasées.

On peut remarquer néanmoins que les masses de pierre employées dans les constructionsdoivent offrir une plus grande résistance spécifique que les cubes isolés de cinq centimètresde côté sur lesquels les expériences ont été faites. Cette remarque est même confirmée parquelques-unes de nos anciennes expériences qui paraissent indiquer que la résistance despierres augmente dans un plus grand rapport que les surfaces de leurs bases : en effet, lespremiers éclats se font ordinairement à la circonférence, d’où ils s’étendent jusque vers lecentre de la pierre, et il parait naturel de penser que moins cette circonférence sera granderelativement à la surface, et plus la pierre doit résister. Mais on peut faire une autre observa-tion qui doit au moins balancer celle-ci ; c’est que les pierres ne portent presque jamais exac-tement sur toute la surface de leurs lits, dans les cas meme où elles sont posées sans cales,cette condition est très difficile à obtenir. De plus, il est rare que la pression à laquelle lespierres sont soumises agisse dans une direction exactement perpendiculaire à la surface desplans de joint. Dans les voûtes et dans les murs de terrasse, par exemple, l'un des côtés de lapierre est toujours plus pressé que l’autre, et quelquefois même ( comme cela arrive près despoints de rupture) la pression presque entière tend à s’exercer sur une seule arête. Il faut doncque la surface totale de la pierre soit assez considérable pour que l’effort qu’une portion seule-ment doit supporter, puisse cependant se répartir sur un assez grand espace. Il parait ausurplus qu’il est impossible d’établir aucune règle générale sur la proportion qui doit exister