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Tome premier.
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entre le poids porté par les pierres dans les expériences, et celui dont on peut les chargerdans les constructions : cette proportion dépend évidemment de la nature de la pierre et dela manière dont elle est employée; et si on veut avoir sur ce sujet quelques notions plus oumoins exactes, il nous parait qu’on doit les chercher dans l’examen des édifices qui passentpour les plus hardis. On peut prendre pour exemple les colonnes de l’église de Toussaintsd’Angers , dont nous avons déjà fait mention. La surface du cercle qui leur sert de base est de700,93 centimètres carrés; ainsi le poids porté par 25 centimètres carrés de cette surface, estde 1107 kilogrammes. Ces colonnes sont construites avec la pierre désignée sous le n° 12 dela table n° 2 :un cube de cette pierre de 3 centimètres de côté s’est écrasé sous une pression de10,940 kilogrammes..Ainsi la pierre de ces colonnes, qui est employée dans des circonstancesfavorables, puisqu’elle est pressée dans une direction exactement verticale, et qu’ayant peu desurface il a été facile d’en bien tailler les joints, supporte cependant une charge près de dixfois moins considérable que le poids sous lequel elle s’est écrasée dans les expériences.

La construction des piliers du dôme de Sainte-Geneviève , considérée sous le rapport de laforce de la pierre comparée au poids qu’elle soutient, est plus hardie que celle des colonnesde l’église de Toussaints d’Angers . On sait que ces piliers sont construits en pierre dure delîagncux dans la partie inférieure, et en pierre de Mont-Souris dans la partie supérieure.Les assises faites en pierre de Bagncux se sont considérablement fendues et lézardées ; cellesen pierre de Mont-Souris ont beaucoup mieux résisté. Le poids supporté par une surface de23 centimètres carrés est, dans les piliers du dôme de Sainte-Geneviève, de 73C kilogrammes;le poids sous lequel s’est écrasé un cube de 5 centimètres en pierre dure de Bagncux est de0142 kilogrammes (1); le poids porté par un cube semblable en pierre de Mont-Souris a étéde 3077 kilogrammes (2) : ainsi la pression supportée par la pierre de Bagncux, dans les piliersdu dôme de Sainte-Geneviève, est huit à neuf fois moins eonsidéi’able que celle qui est néces-saire pour l’écraser, et la pression supportée par la pierre de Mont-Souris est seulement quatrefois moins considérable. Il pourrait donc paraître étonnant que cette dernière ait mieux résistéque la précédente. Mais ce fait confirme ce qui a été dit ci-dessus, en démontrant qu’une pierrepeut offrir plus de solidité qu’une autre, quoiqu’elle paraisse dans les expériences exiger unmoindre poids pour être écrasée ; et cela arrive toutes les fois que cette pierre est par sa naturemoins sujette à se fendre et à s’éclater, lorsqu’elle ne se trouve pas pressée bien également. Cescirconstances se rencontrent effectivement ici, soit dans les qualités respectives des pierres deBagncux et de Mont-Souris, soit dans la disposition vicieuse qu’on leur avait donnée dans lespiliers du dôme de Sainte-Geneviève, où la pression supportée par chaque pierre ne pouvaitpas se répartir également sur toute sa surface.

La pierre dure de Bagneux aurait certainement résisté dans les piliers du dôme de Sainte-Geneviève, si les pierres avaient exactement porté sur toute la surface de leurs joints, commela pierre de Mont-Souris a résisté malgré le vice de la construction , puisque rien alors n’eûtforcé la pierre de Bagneux de se fendre. Cependant, comme ces piliers sont aussi chargés que

(1) Traité de l’art de bâtir , tome 3, page 84.

(2) Idem , page 90.