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entièrement séparés sur une portion de leur hauteur, et ne s’appuvent presque les unscontre les autres que par les cales placées près de l’arête où le resserrement s’est opéré. C’est cequ’on a observé, par exemple, lors du décintrement du pont de Nemours, où les premiersvoussoirs, à partir des naissances, ne portaient contre le coussinet que sur 0"*,3'2 de hauteurenviron. La couche de mortier dont le joint avait été rempli avant le décintrement était restéeadhérente au coussinet, et était séparée du voussoir sur le reste du joint, dont la hauteur totaleétait de l m ,30.
Il devient difficile, dans des cas semblables, d’apprécier exactement l’action qui est exercéesur la pierre, et d’établir un rapprochement entre cette action et celle qu’elle supporte dansles expériences où l'on soumet de petites cubes à une pression. Il parait toutefois qu’en suppo-sant l’effort exercé contre le plan de joint réparti sur l’espace occupé par la cale et sur l’espaceentre la cale et le parement, et estimant en conséquence, d’après les résultats de ces expé-riences, la résistance de la pierre, on serait à l’abri de toute inquiétude. Ainsi, supposant,par exemple, qu’il y ait sur la longeur d’un voussoir plusieurs cales de 0 m , lo de largeur, placéesà 0 m ,lo des arêtes, on regarderait la pression comme étant supportée par une portion du plande joint de 0 m ,50 de hauteur. Nous remarquerons d’ailleurs qu’en construisant les voûtes on agénéralement égard aux tassements qui doivent y survenir, e’est-ù-dire qu’en posant les vous-soirs on serre les joints où ils doivent s’ouvrir, et qu’on les élargit où ils doivent se resserrerpar l’effet de ces tassements. Mais si, au moyen de ces précautions, on obtient après que letassement s’est opéré des joints d’égale épaisseur, il n’en résulte pas toutefois que les pressionsse trouvent également réparties sur toute la hauteur de ces joints. Il paraît même que ces pres-sions ne doivent pas se trouver autrement réparties qu’elles ne l’eussent été, si l’on n’avait paspris les précautions dont il s’agit.
Nous remarquerons encore ici que, quand on diminue la hauteur de la clef d’une voûte,on ne diminue pas à beaucoup près , dans le même rapport, la résistance que les voussoirspeuvent opposer à la pression, surtout si la diminution s’opère en augmentant la longueur dela flèche de la courbe d’intrados, et non pas en abaissant le sommet de la courbe d’extrados.En effet, en réduisant l’épaisseur de la voûte , on réduit en même temps, dans une proportionconsidérable, le poids dont la partie supérieure est chargée.
Si l’on n’abaisse point le sommet de la courbe d’extrados, on ne change rien au bras delevier avec lequel les pressions exercées l’une contre l’autre au sommet, par les deux moitiésde la voûte, soutiennent le poids des parties supérieures ; et même, s’il s’agit d’une voûte enplein cintre ou en anse de panier, ce bras de levier augmente, parce que l’effet d’une diminu-tion de charge dans la partie supérieure de la voûte est alors d’abaisser les joints de rupture.On ne peut être étonné, d’après cela, de trouver d’assez grandes différences entre les épais-seurs données par divers constructeurs à des voûtes ayant les mêmes dimensions. On le seramoins encore en ayant égard à la diversité que l’on trouve dans les pierres sous le rapport delar ésistance à la pression. En effet, quoique , en général, les pierres qui résistaient le plussoient en même temps celles qui pèsent davantage, les différences que l’on trouve entre leursrésistances sont bien plus grandes que celles qui existent entre leurs pesanteurs spécifiques, ensorte qu’en employant une pierre plus dure, on peut obtenir la même solidité avec uneépaisseur beaucoup moindre.