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Tome premier.
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Dans les Mémoires de l’Académie des Sciences , pour l’année 1729, Coupletreprit la même théorie, et résolut, toujours dans l’hypothèse des plans de jointparfaitement polis, les principales questions qu’on peut proposer sur les voûtes.11 examina même la pression qu'elles exercent sur leurs cintres, sujet que Pitotavait déjà traité en 1726. Mais dans un second mémoire imprimé l’année sui-vante, Couplet chercha à établir la théorie des voûtes sur une hypothèse en-tièrement contraire à celle qu’il avait d’abord adoptée. Il supposa que, dans lachute dune voûte, le frottement des joints des voussoirs était tel qu’ils ne pou-vaient jamais glisser sur leurs lits, et que, pour se séparer les uns des autres,il fallait que leurs plans de joints s’écartassent en tournant autour d’une arête.Il faisait d’ailleurs abstraction de la résistance que l’adhérence, produite par lesmortiers, peut opposer à ce mouvement.

Quoique cette supposition, aussi bien que la précédente, ne soit point con-forme à la vérité, elle pouvait cependant conduire l’auteur à une théorie plusrapprochée des effets naturels. Les observations et les expériences qui ont étéfaites depuis l’époque à laquelle il écrivait, ont appris effectivement que, danspresque tous les cas, la considération du frottement n’entrait pour rien dans lanature des mouvements des voûtes; et que, dans ces différents mouvements, lesvoussoirs tournaient dans certains endroits autour de leurs arêtes , tandis queles joints tendaient à s’ouvrir ou à se fermer. Mais les expressions auxquellesCouplet est parvenu sont tellement compliquées et si peu appropriées au calcul,qu’il ne paraît pas que personne en ait fait usage. Il faut remarquer aussi que lasupposition sur laquelle elles étaient établies étant fausse dans son principe.on ne pouvait leur accorder beaucoup de confiance.

Peu de temps après la publication des deux mémoires de Couplet, Danisyrépéta, devant l’académie de Montpellier , des expériences sur des modèles devoûtes en plâtre partagées en un certain nombre de voussoirs, et fit remarquerl'effet des poids dont ils les chargeait et la manière dont ils occasionnaient larupture. Ces expériences sont indiquées dans la coupe des pierres de Frczier,ainsi qu’une règle que leur auteur en avait déduite, et dans laquelle il s’étaitmoins attaché à l’exactitude qu’à la commodité des ouvriers, puisque, dans ladétermination de l’épaisseur des culées, il négligeait de faire entrer en considé-ration la hauteur des piédroits, qui cependant y influe nécessairement. Cesexpériences sont le premier germe de la véritable théorie des voûtes, mais ellesétaient faites trop en petit, et le calcul ne paraît pas leur avoir été appliqué con-venablement.