(le rupture change, ainsi que l’épaisseur des culées, qui devient plus considé-rable. Il est indispensable de déterminer sa valeur dans chaque cas particulier.On suppose alors , conformément aux résultats des expériences que nous avonsrapportées ci-dessus, que le piédroit ne fait qu’un seul corps avec la partieinférieure de la voûte, et que dans la rupture il tourne autour de son arêteextérieure. Quelques savants ont pensé qu’il pouvait se faire une rupture dansquelque point de la hauteur du piédroit, et ils ont cherché, en conséquence, àdéterminer quelle forme il devrait avoir pour présenter partout une égalerésistance. La solution exacte de ce problème est entièrement impraticable càraison des calculs auxquels elle conduirait ; elle n’est d’ailleurs d’aucun intérêtpour la pratique.
Nous avons supposé jusqu’ici que la rupture des voûtes ne pouvait avoir lieuqu’autant que les culées tourneraient autour de leur arête extérieure. Il pourraitarriver cependant qu’il se fit une disjonction horizontale, cl que la partie supé-rieure glissât sur la partie inférieure. La résistance que la culée oppose à cemouvement dépend du poids des parties supérieures, et de la manière dont lesassises sont liées les unes avec les autres ; et le frottement et l’adhérence desmortiers étant ici les deux principaux moyens de solidité, on a cherché àévaluer l’effet qu’ils pouvaient produire.
M. Boistard a publié en 1804 (1) des expériences faites dans cette vue. 11en est résulté que l’adhérence du mortier est proportionnelle à la surface ; quele temps après lequel on détache les pierres influe peu, à moins qu’il ne soitextrêmement long,sur la valeur de cette adhérence, qui est presque aussi grandeaprès le premier mois qu’après les premières années ; qu’elle peut être évaluée à6960 kilogrammes par mètre carré pour le mortier de chaux et sable, et à 5700kilogrammes pour le mortier de chaux et ciment, ces valeurs ne devant êtreregardées que comme des résultats approchés, parce qu’elles varient nécessaire-ment beaucoup , en raison des qualités des matières dont les mortiers sont com-posés (2). La grande supériorité du mortier de sable sur celui de ciment, quiau bout d’une année se trouve encore plus considérable, n’existe pas quand cesmortiers sont employés sous l’eau. On sait que, dans ce dernier cas, le mortierde ciment contracte promptement une forte consistance, tandis qu'il n’en est pasde même de l’autre.
(1) Expériences sur la main-d’œuvre de différents travaux , etc., pag. 51.
(2) Les détails de ces expériences sont donnés dans une des notes placées à la suite de cechapitre.