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Tome premier.
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trouvera, dans un des chapitres suivants, des notions sur les conditions de l’équilibre des ma-tières semblables. Un mur en pierres sèches, c’est-à-dire en pierres employées sans mortierpour les réunir, peut résister à une action latérale, parce que les joints des pierres se croi-sant, il ne pourrait s’établir des plans de rupture sur lesquels le glissement s'opérerait, sansque ces pierres ne fussent en parties rompues. Mais on conçoit que ce genre de résistance,qui peut être très efficace lorsque les pierres sont grandes, taillées et posées bien régulièrement,l’est beaucoup moins dans un mur en moellon, surtout lorsque les moellons sont petits, etd’une figure irrégulière. Ainsi, dans ce dernier cas, un massif résisterait principalement à uneaction latérale par l’effet de l’adhésion des mortiers. A l’égard du cas où la rupture s’opéreraitpar le renversement de la partie supérieure, un massif résiste toujours à ce genre de rupture :seulement , si les parties n’adhèrent pas suffisamment, le poids d’une certaine portion de cemassif ne concoure pas à la résistance. Le mode de construction et la grandeur des pierressemblent ici avoir moins d’influence sur l’intensité de la résistance.

Lors même que la force d'adhésion du mortier serait très faible, on conclut d’ailleurs desnotions précédentes qu’en augmentant la largeur du massif, on parviendra toujours à se pro-curer la résistance dont on aura besoin. L’expérience prouve effectivement qu’avec de simplesmassifs en moellon on soutient la poussée des plus grandes voûtes. Mais on donne aux culéesdes épaisseurs beaucoup plus fortes que celles qui résulteraient de la supposition que cesculées résistent comme des corps d’une seule pièce. Si quelque circonstance s’opposait à ce quel’on donnât aux piédroits d’une voûte, ou à toute autre construction exposée à une actionlatérale, une grande épaisseur, il faudrait alors chercher à disposer celte construction demanière à prévenir les disjonctions, et à en lier les parties, en sorte que toutes concourussent,autant qu’il serait possible, à la résistance. On s’oppose d'une manière efficace à la rupturepar glissement en posant les pierres par assises réglées, et inclinant les plans d’assises du côtéoù s’exerce la pression. Mais comme cela peut être insuffisant, ou quelquefois présenter desdifficultés d’exécution, il peut être préférable, en posant les pierres par assises horizontales,ou très peu inclinées, de couper les joints par des pierres posées debout, ou simplement pardes cubes de pierre dure incrustés dans les deux assises consécutives. A l’égard des disjonctionsqui auraient lieu lors du renversement, on les préviendrait en plaçant verticalement des tigesde fer qui traverseraient du haut en bas la maçonnerie, pénétreraient même dans la fondation,et porteraient des clavettes ou des écroux aux extrémités, afin que l’on pût les tendre. Cestiges devraient évidemment être placées du côté où s’exerce la pression, et qui tend à êtresoulevé. Par ces moyens, les assises ne pouvant glisser les unes sur les autres , et aucun écar-tement ne pouvant avoir lieu dans les joints horizontaux, la construction devient un corpsd’une seule pièce, dont la résistance n’a d’autres limites que celle de la force des matières dontil est formé. L’effet d’une semblable disposition est en général de permettre, en appliquant lesformules précédentes, de donner aux constantes qui entrent dans ces formules, non plus lesvaleurs qui conviennent à la matière du mortier, mais celles qui conviennent à la matièremême de la pierre, ou aux pièces de fer par lesquelles les assises sont liées les unes aux autres.

Il reste à faire une remarque importante pour l’établissement des piédroits des voûtes.Supposons que l’épaisseur AB (fig 24, PL XII) d’un piédroit ait été tellement réglée, et cepiédroit tellement construit, qu’en vertu de son poids et de l’adhésion de ses parties il se