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Tome premier.
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quoique par cette raison la rapidité du courant soit généralement plus grandeau milieu de l’arche qu’à l’épaulement de la pile, cet endroit n’en est pas moinsexposé, à raison des chutes et des tournoiements qui s'y forment et qui attaquentle terrain et causent les affouillements. Tous ces effets, qui se produisent toujours,quelle que soit la forme de la pile, sont d'autant plus marqués que les facesfrappées par le courant lui sont opposées plus directement.

On sait que quand l’eau s’introduit dans un canal plus étroit que celui oùelle coulait d’abord, la vitesse doit augmenter par l'effet de la diminution de lasection: si l’entrée du canal étroit n’est point évasée, et si la section diminuesubitement, il y a nécessairement une contraction qui oblige le courant àprendre une vitesse plus grande que la diminution de la section ne l’exige. Ilest donc important de rendre celte contraction le moins forte qu'il est possible,et cet objet est d’autant plus essentiel qu’on évitera alors la chute qu’elle occa-sionne à l’épaulement de la pile, et qui est la cause des alTouillemcnls. C'estdans cette vue que nous avons cherché à comparer les effets de la contractionpour des piles de diverses formes, dans des expériences dont nous allons rendrecompte après avoir parlé de quelques recberciies qui ont été faites sur le sujetqui nous occupe.

On trouve dans les Recherches sur la construction la plus avantageuse desDigues, de MM. Bossutet Viallet, la solution d’un problème dont l’objet est dedéterminer la forme la plus convenable à donner à la tête d’une jetée. Latète d’une jetée et l’avant-bec d’une pile sont des constructions assujéties auxmêmes conditions : il s’agit également de défendre ces édifices contre faction dufluide qui les frappe sans cesse, et il parait que la forme qui convient à l'undoit convenir également à l’autre. M. Bossut suppose que chaque face de la têtede la jetée est frappée par des filets de fluide dont les directions sont parallèles,et dont les vitesses sont égales. II cherche ensuite, d’après la théorie ordinairedu choc des fluides , quelle doit être la forme de la base de chaque face, pourque ce choc soit le moindre possible. Il trouve que la ligne droite résout le pro-blème, et que, si la base est un triangle, ce doit être un triangle isoscèle, dontles deux angles égaux seraient de 43 degrés.

Cette solution est sujette à beaucoup de difficultés : on se contentera deremarquer que la question n’est peut-être pas bien posée. Il semble inutile, eneffet, que la tête d’une jetée, ou l’avant-bcc d’une pile, reçoive le moindre chocpossible de la part du courant, parce qu'on n’a point à craindre que le couranten déplace la masse tout entière; celte condition serait, à la vérité, celle qu’il

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