lions, et d’émousser trop cet angle, ce qui le rendrait moins propre à briser et àécarter les glaçons. Pour éviter la contraction il est indispensable de faire desavant-becs très longs, et de les terminer en pointe. Il est donc impossible desatisfaire à la fois aux deux conditions ; et comme, suivant le cas où l’on setrouve, il peut être plus essentiel d’avoir égard à l'une qu’à l’autre, on choisitparmi les formes usitées celle qui est la plus propre à procurer le résultat qu’ona principalement en vue. Nos expériences mettront les constructeurs à même defaire ce choix avec connaissance de cause.
Ces expériences ont été exécutées par le moyen d’un canal rectangulaire enplanches, de 50 centimètres de largeur, dans lequel on plaçait des modèles depiles de 15 centimètres d’épaisseur, et où l'eau coulait sur environ 40millimètresde hauteur. On imprimait au fluide, par le moyen d’une chute, une vitesse d’en-viron 3 m ,9 par seconde, ce qui est à peu près celle des grandes rivières dansles crues. On a observé avec soin toutes les circonstances de la contractiondans différentes espèces de piles, et mesuré et modelé les remous et les courantsqui se formaient.
La première expérience (PI. XIV, lig. 1) a été faite sur une pile dont l’avant-bec était rectangulaire. Le remous formé au-devant de la pile a présenté uneespèce de bourrelet À, à peu près circulaire, qui s’est élevé de 54 milli-mètres au-dessous du niveau de l’eau, en formant à l’angle d’épaulement unechute presque verticale. Le long des faces latérales de la pile, on observait deuxautres courants B C, inclinés assez uniformément, et qui n’étaieut réels qu’à lasurface. Au-dessous, l’eau animée de la vitesse due à la chute du remous,formait une nappe très rapide et très dangereuse. Lorsqu’on substituait deuxculées à la pile il se formait deux bourrelets pareil qui allaient se rencontrer aumilieu de l’arche où ils se croisaient réciproquement. On a tracé, au-dessus dela figure, les profils de 1 eau pris en différents endroits. On les distinguera faci-lement au moyen des lettres de renvoi.
Dans la seconde expérience (fig. 2) l’avant-bec de la pile offrait un triangledont l’angle saillant était droit. Il ne forme pas un aussi grand obstacle que lerectangle : cependant le remous s’élève aussi haut. Les deux courants qui s’éta-blissent contre les flancs de la pilesont bien moinsforts, mais la chute qui se formea côté de l’épaulement est pour le moins aussi profonde et peut-être plus dange-reuse. Le courant forme au-devant du remous une espèce de nappe où l’eauretombe en revenant sur elle-même, ainsi qu’on peut le voir par les profils.
La troisième expérience (fig. 5) a été faite sur une pile où le plan de l’avant-