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forte dans les crues, on a fait deux autres expériences en imprimant au courantune vitesse de 4 m ,87.
Dans la première (fig. 9) la base de l’avant-bec était formée par deux areségaux au sixième de la circonférence. Le remous produit à la rencontre de lapile s’élevait à une hauteur près de deux fois plus considérable que celle qui avaitlieu pour la vitesse de 5 m ,9, et quoiqu’il n’y eût point de chutela pente forméele long des faces de la pile était beaucoup plus rapide. Elle ne s’étendait cependantpas au-delà de l’extrémité du corps carré, et le niveau de l’eau se relevait considé-rablement à l’arrière-bec, ainsi qu’on peut en juger par le profil e a g f pris sur lalongueur de la pile. Cet effet singulier, et qu’on observe dans toutes les circons-tances semblables, provient de ce que l’eau est forcée de couler d’abord avec unepente considérable, en vertu de laquelle elle puisse obtenir la vitesse relative àla diminution de section que le corps de la pile lui fait éprouver, et lorsque, enarrivant à l’arrière-bec, la section s’élargit, la vitesse redevient ce qu’elle était,et l’eau remonte presque au niveau qu’elle avait d’abord, afin que, pour chaquepoint, la pente du fluide ait précisément la valeur qui convient à la vitesse cor-respondante.
Cette expérience s’accorde avec une observation faite au pont de la Drôme parM. Montluisant, ingénieur des ponts et chaussées. Il releva la trace laissée parles eaux sur les faces de la pile et de ses avant et arrière-becs après une crue, ettrouva que l’eau qui s’était élevée à peu près à la même hauteur, à l’avant et àl'arrière-bec de la pile, s’était abaissée d’environ l m ,o à l’angle d’épaulementd’amont et le long du corps carré. Cet effet analogue à celui qu’on vient de dé-crire , parut d’abord assez extraordinaire pour être révoqué en doute. Il a néces-sairement lieu dans tous les cas , mais il n’est bien sensible qu’autant que lavitesse est très grande.
La seconde expérience faite avec une vitesse de 4 m ,87 par seconde sur unepile à base elliptique (fig. 10), a présenté les mêmes effets que celle où l’on avaitdonné au courant une vitesse de 5 m ,9 ; mais ils étaient plus marqués. On enconclut que les piles elliptiques ont la propriété d’occasionner peu de contraction.
Nous ajoutons ici un tableau qui contient les principales dimensions des cou-rants qui ont été observés dans les expériences précédentes.