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Tome premier.
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§ II. DES MERS DE REVÊTEMENT DES TERRES.

Los ponts étant presque toujours accompagnés à leurs abords de murs de revê-tement destinés à soutenir la poussée des terres, nous avons jugé convenabled'exposer ici les principes d’après lesquels on peut faire l’établissement des mursde cette espèce. La recherche de ces principes a occupé, dans le dernier siècle,un grand nombre de savants; mais leurs théories ne présentent plus actuellementqu’un faible intérêt, et nous n'entrerons dans aucun détail sur celles qui ont étédonnées sur ce sujet avant 1775, époque à laquelle Coulomb, dans le mémoirecité chapitre IV, a traité pour la première fois cette question avec l’exactitudenécessaire. 11 a cherché, en ayant égard à la cohésion des terres et au frottement,quel était le prisme qui exerçait la plus grande poussée sur le mur de revêtement,et il a trouvé, pour déterminer ce prisme, une expresion dans laquelle il entraitseulement la hauteur du mur et le rapport du frottement à la pression.

M. de Prony est revenu depuis sur l'analyse de ce problème, et il est parvenuà un théorème qui donne le prisme de plus grande poussée sous une expressiontrès simple. Ce théorème a été publié, pour la première fois, en l’an 8, dans laMécanique philosophique, et M. de Prony l’a exposé de nouveau en 1802,dans ses Recherches sur la poussée des terres. C’est d’après ce dernier ouvragequ’on va présenter ici la théorie de la construction des murs de revêtement.

Cette théorie comprend deux questions : dans la première, il s’agit d’évaluerl’action des terres sur le mur: dans la seconde, il faut chercher la forme et lesdimensions qu’il est convenable de donner au mur pour résister à cette action.On va les traiter successivement.

De la manière d’évaluer la force qui résulte de la poussée des terres.

Les différentes parties d'une masse de terre sont liées entre elles par la cohé-sion, et lorsqu’elles glissent les unes sur les autres, le frottement s’oppose àleur mouvement. Nous supposerons ici, conformément à l’expérience, que larésistance produite par la cohésion est proportionnelle à la surface de rupture ,et que le frottement est proportionnel à la pression normale.

L’effort que le mur de revêtement doit soutenir est la pression produite parle prisme de terre qui s'éboulerait si ce mur n’existait pas. Ce prisme est séparéde la masse de terrain par une surface que l’expérience a démontré être plane