mur. Mais on suppose ordinairement pour y parvenir que, quelles que soientleur forme et leur disposition, ces contre-forts font corps avec le mur, et ques’il était renversé ils tourneraient avec lui autour de l’arête extérieure de la base ,hypothèse qui ne peut guère être admise. Pour avoir une idée juste de l’effetdes contre-forts, il faut remarquer qu’un mur de revêtement très court, etrattaché par les deux extrémités à des constructions solides, ne pouvant céder àl’action des terres qu’en se séparant de ces constructions , présenterait une résis-tance beaucoup plus grande que si ce mur était isolé , ou qu’il eût une grandelongueur. L’effet des contre-forts est d’établir , d’espace en espace, des portionsde maçonnerie dont la résistance est supérieure à l’action de la terre qu’elles sup-portent, et qui ne peuvent être renversées. Les parties intermédiaires du murne seraient elles-mêmes renversées qu’autant qu’elles se sépareraient des contre-forts. Ainsi la liaison qu’établissent dans les parties de la maçonnerie le croise-ment des joints des pierres et la cohérence des mortiers, concourent à la stabilitéde la construction. Mais il serait difficile de soumettre avec exactitude au calcull’augmentation de résistance qui en résulte.
Quelques constructeurs ont en usage, pour augmenter la résistance des mursde revêtement, de donner à la face intérieure de ces murs un talus plus ou moinsconsidérable, et même d’y pratiquer des retraites. Le poids de la terre portéepar ces retraites ajoute à la stabilité du système, et cette observation nous aconduits à proposer, pour les murs de celte espèce, un genre de constructionqui nous semble avoir l’avantage de diminuer considérablement le cube de lamaçonnerie ainsi que la dépense, et de présenter une plus grande solidité. Celteméthode, dont nous avons fait une expérience très en grand, consiste à laisser auparement du mur une faible épaisseur, en construisant par derrière plusieursrangs d’arcades supportées par des contre-forts (PI. XVII, fig. 7, 8 et 9 ).
Nous avons construit à Châlons-sur-Saône , en 1775 , un mur de quai disposéd’après ce système. Sa longueur est de 3oO m ; il a de 5 à 6 m de hauteur, et 63centimètres d’épaisseur au sommet. Le talus du parement extérieur est de r4debase sur un de hauteur. On a pratiqué trois rangs d’arcades d’un mètre desaillie, placés les uns au-dessus des autres à environ l m ,6 de distance, et portéspar des contre-forts d’un mètre d’épaisseur, espacés à environ 5’ m ,3 de milieuen milieu. Il est résulté de cette disposition une épargne de plus d’un tiers surla maçonnerie, et d’environ un quart sur le pilotage, parce qu'il aurait fallupour un mur plein mettre partout trois rangs de pilots, et qu’on a retranché surle troisième rang les pilots qui répondaient aux intervalles des contre-forts. On