— 329 —
aux voussoirs, qui vont ensuite en diminuant, à mesure qu’ils s’approchent desnaissances et du sommet.
On a cherché, dans les grandes arches en anse de panier qui ont été construitesvers la On du dernier siècle, à remédier à ce défaut ; et l’on y est parvenu enterminant plusieurs voussoirs à la rencontre d’une même assise (fig. 7). Alorsles longueurs de ces voussoirs sont peu différentes les unes des autres , et on peut,si on le croit nécessaire, les faire augmenter à peu près uniformément depuis lesommet jusqu’aux naissances.
Lorsque les arches sont décrites par un arc de cercle très surbaissé, et quela voûte n’a pas une très grande ouverture, on prolonge tous les voussoirs(Og. 6) jusqu’à la rencontre du cordon. Cet arrangement oblige à employerpour l’extrémité supérieure des voussoirs des pierres d’une grande épaisseur, queles carrières ne fournissent pas toujours.
Les tètes des ponts sont presque toujours couronnées d’un cordon ou d’unecorniche qui est elle-même surmontée par le parapet. On n’entrera ici dansaucun détail sur les différentes corniches qu’on a employées dans les ponts, nisur les diverses manières dont ils ont été décorés : les gravures suffisent pouren donner une idée, et cet objet n’entre pas directement dans le plan de cetouvrage. Nous observerons seulement qu’un pont étant, en général, un édificeessentiellement consacré à futilité publique, la solidité et la simplicité doiventen être le caractère, et que dans presque tous les cas le soin dans l’exécution estla seule décoration qu’il exige.
DES VOUSSURES OU CORNES DE VACHE.
On a vu précédemment que les naissances des voûtes qui ne sont pas trèssurbaissées étant frappées directement par le fluide, lui opposent beaucoup derésistance et sont une des principales causes de la contraction qu’il subit et desaffouillements qui en résultent. Elles sont également fort dangereuses au momentdes débâcles , parce que les glaces s’y amoncèlent et réduisent encore la surfacedu débouché. Tous ces inconvénients disparaissent quand la courbe de la voûtea peu de flèche ; mais comme les arches ont alors d’autres défauts, on a cherchéà réunir tous les avantages dont elles sont susceptibles, en terminant les têtesdu pont suivant un arc fort surbaissé, qu’on raccorde avec la surface de lavoûte par des voussures. Cette disposition a été adoptée au pont de Neuilly(PL XVI, fig. 7 et 8), où la surface des voussures est décrite par une ligne
42