128 ABR^G^ d’astronomie, LIV. II.tcms dans les écoles. Voici ce qu'il y trouva de jdus remar-quable.
Cicéron dit que JYicétas de Syracuse, au rapport de Théo-phraste, avoit pensé que le ciel, le soleil, la lune, les étoiles,ne tournoient point chaque jour autour de la terre, niais que laterre seule, tournant sur son axe avec une très grande vitesse ,faisoit paraître tout le reste en mouvement. Plutarque raconteaussi que Philolaiis le pythagoricien, qui vivoit emiron /\ 5 oans avant notre ere, vouloit que la terre eut un mouvementannuel autour du soleil dans un cercle oblique, tel que celuiqu’on attribuoit au soleil. Hcrac/ide de Pont, et Kcphanlus ,pythagoricien, attribuoient, à la vérité, un mouvement à laterre, mais seulement sur son axe, semblable à celui d’unoroue. Héraclide et les autres pythagoriciens soutenoient quechaque étoile étoit un monde, qui avoit , comme le nôtie,une terre, une atmosphère, et une étendue immense de ma-tière érhérée. Aristote ( de Cœla, lih. II, cap. i 3 ) ditaussi que les philosophes d’Italie, appelés Pythagoriciens , pla-çoient le feu au milieu de l’univers, et mettoient la terre aunombre des plarietes qui tournoient autour du soleil commeleur centre commun.
583 . Diogene Laërce, dans la vie de Philolaiis, dit queles uns lui atti"huoiei\t la première idée du mouvement de laterre, et que les autres l’atlribuoient à JNicétas. Il paroit mêmeque c’étoit l’opinion de la secte ionique fondée par Thaïes; etprobablement il l’avoit appoitée de 1 Égypte, où il avoit voyagé6oo ans avant l’ere vulgaire. Archimcde dit la même chose d’A-ristarque de Sainos, qui vivoit 280 ans avant l’ere vulgaire. Oncite encore Anaximandre et Séicucusparmi ceux qui admettoieutle mouvement de la terre. On peut y ajouter ce passage remar-quable de vSéncque sur les rétrogradations des planètes : « 11 s’est« trouvé des philosophes qni nous ont dit : Vous vous trompez« en croyant qu’il v ait des astres qui rétrogradent et qui s ar-« réfent; cette bizarrerie ne peut avoir lieu dans les corps« célestes ; ils vont du côté où ils ont été jetés ; ils ne sus-« pendent jamais leurs cours ; ils ne changent jamais leur direc-« tion. Pourquoi donc paraissent ils quelquefois retourner en« arriéré ? C'est le soleil qui en est cause : leu 1 s orbes ou leurs« cercles sont placés de maniéré à nous tromper dans certains« tems , tout ainsi qu’on croit souvent immobile un vaisseau« qui va pourtant à pleines voiles ». ( S en. ijuœst. nat. I. Vil,c. 25 et 26.) Il faut voir, sur les idées des anciens philosophes,