l38 ABRÉGÉ D’ASTRONOMIE, LIV. ILla troisième grandeur, dont le diamètre apparent est d’une mi-nute, seroient égales à l’orbe annuel de la terre tout entier, sielles ont seulement une parallaxe annuelle d'une demi-mi-nute: que sera-ce des étoiles de la preinieie grandeur quiont 2 ou 5 minutes de diamètre apparent ?
Ces objections de Tycho n’auroient pas eu lieu dans cesiecle-ci; il aurait appris que les cometes , par des orbites beau-coup plus grandes que celle de saturne , remplissent une partiede cet espace immense dont le vide lui paroissoit inconce-vable ; il auroit su, par la découverte des lunettes , que le dia-mètre apparent des étoiles de la première grandeur n’est pasd’une secondefyGS), et qu’ainsi l’on n’est point obligé de les sup-poser d’une grandeur si prodigieuse. Mais quand il faudrait ad-mettre un intervalle immense vide d’étoiles et de planètes , etconvenir qu» les étoiles fixes que nous appercevons sont in-comparablement plus grosses que le solcd, il n’en résulteraitrien de positif contre le système de Copernic ; les étoiles, plusrapprochées et plus petites dans le système de Tycho , sont unechose trop indifférente pour former une preuve , ou même uneprésomption contre le mouvement de la terre. Copernic avoitprévu l’objection {lib. I, c. 10 ); mais il pensa qn’on devoitplutôt admettre cette grande distance des étoiles que la grandequantité de inouvemens qui auroient lieu si l’on supposoit laterre immobile.
4o5. Tycho demande encore comment on peut concevoirle mouvement du parallélisme de l’axe de la terre (/^4) t etcomment un seul et même corps peut avoir ainsi deux mou-vemeus différens, l’un qui transporte le centre du globe, etl’autre qui change la position de son axe. Mais le parallélismede l’axe de la terre n’est point un changement ni un mouvementparticulier, comme le suppose Tycho, qui en fait toujours cequ’il appelle un troisième mouvement de la ttrre ; c’est unesituation de l’axe, qui ne change point, pareequ'il n’y a aucunecause qui la fasse changer ; il suffit que l’axe ait été diiigé unefois vers un point du ciel pour qu’il continue d’y être toujoursdirigé , quoique la terre ait un mouvement annuel suivant unecerlaine direction ; il n’y a aucune raison physique ni mathé-matique d’où l’on puisse conclure que l’axe du mouvementdiurne se dirigera perpendiculairement à l’orbe annuel plutôtque sous une inclinaison de 23° : il n’y a entre ces deux mou-vemens aucune connexion ni dépendance (g3o) : dans le teinsque la teire a reçu un mouvement de projection, toutes les