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Abrégé D'Astronomie / Par Jérôme Lalande, ...
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Objections contre Copernic. 1^1

de la terre, qui n’a que i/fî-i lieues de rayon, suffit pour causercette infinité de mouveniens apparens. Tout cela ne sauroitconvaincre ceux qui n’ont pas assez de physique pour éloignerles préjugés ; mais il suffit d'avoir une foule de raisons àproposer, tandis qu’on ne sauroit faire une seule objectionphysique contre le mouvement de la terre.

409. On doit regarder d’ailleurs connue des démonstrationsdirectes etpositives du mouvement de la terre l’accourcissementdu pendule vers l’équateur ( 3 go, 807), la figure applatie de laterre (816), 1 aberration des étoiles (liv. vii_), et tous les

f ihénomenes cjui prouvent l'attraction générale des corps cé-estes (liv. xnj, parceque cette loi 11e sauroit subsister sans lemouvement de la terre ; c’est le premier fondement de tout»astronomie et de toute physique céleste. Ainsi l’on peut diraqu’un traité d’astronomie est lui-mêine l’assemblage de centpreuves différentes du mouvement de la terre : l’enchaînementde toutes les parties de cet ouvrage se trouveroit rompu siI on cessoit d’admettre ce mouvement.

410. Riccioli insiste principalement sur les témoignages d^îl’écriture, qu’on nous a si sérieusement opposés : Josué, c. 10,v. i 3 ; ps. 9a, v. 1 ; ps. io 3 , v. 5 ; Ecclésiaste, c. 1 , v. 5 ;Isaïe, c. 38 , v. 8; Juges, c. 5 , v. 20; 5 * livre d’Esdras, c. 4,V. 34 : mais quand on les lit sans préjugé, on y voit un lan-gage ordinaire, qui ne pouvoit être différent sans devenir in-intelligible et ridicule, et l’on n’y voit rien qui paroisse tenirau dogme ni à la physique. Du reste plusieurs auteurs ecclé-siastiques ont accumulé des laisonnemens de toute especepour faire sentir que les différons passages de l’écriture oùil est parlé du mouvement du soleil peuvent s’entendrede celui de la terre sans leur faire violence. 11 y auroit unzele bien étrange à prétendre exclure des livres des prophètestoutts les expressions qui sont reçues dans la société, et que lesastronomes mêmes emploient comme les autres. Au reste îaeourde Rnue n’a plus de scrupule à cet égard ; on a même ôté dela derniere édition de l'index l’article qui concernoit tous leslivres où l’on soutient le mouvement de la terre; et, lorsquej’étoi, à Rome, en îyGS, je vis qu’il y avoit lieu d’espérer quebientôt on rendroit plus expressément aux physiciens toute li-berté à cet égard.

411. La conclusion naturelle de tout ce qui précédé est quele syitème de Copernic est le seul qu’on puisse admettre; il estjuQu/é autant qu’une chose physique peut l’être. Ainsi la