De l’Attraction. 56g
ft priétés : cette force, disoit il, ne diminue pas sensiblement« quoiqu’on s’élève au sommet des plus hautes montagnes : il« étoit donc naturel d’en conclure que cette puissance devoir« s’étendre beaucoup plus loin ; pourquoi ne s’étendroit-elle« pas jusqu’à la lune? Mais si cela est, il faut que cette pesan-te teur influe sur le mouvement de la lune; peut-être sert-elle« à retenir la lune dans son orbite. Et, quoique la force de la« gravité ne soit pas sensiblement affoiblie par un petit changé-es ment de distance , tel que nous pouvons l’éprouver ici-bas,« il est très possible que , dans l’éloignement où se trouve la* lune , cette force soit fort diminuée. Pour parvenir à estimer« quelle pouvoit être la quantité de cette diminution , Newton« songea que si la lune étoit retenue dans son orbite par la force« de la gravité, il n’y avoit pas de doute que les planètes prin-ce cipales ne tournassent autour du soleil en vertu delà mêmeet puissance. En comparant les périodes des différentes planètes« avec leurs distances au soleil, il trouva que si une puis-« sauce semblable à la gravité les retenoit dans leurs orbites, sace force devroit diminuer en raison inverse du carié de la di-cc stance ( 1013). Il suoposa donc que le pouvoir de la gravité<c s’étendoit jusqu’à la lune, et diiniuuoit dans le même rapport,cc et il calcula si cette force seroit suffisante pour retenir la lunece d u . son orbite. Il faisoit ces calculs dans un tems où il n’a-cc voit pas sous sa main les livres qui lui auroient été néces-cc saiies; et il supposoit, suivant l’estime commune des géo-cc graphes avant la mesure de la terre faite par Norwood (800),cc que 60 milles d’Angleterre faisoient un degré de latitude sur« la terre : mais comme cette supposition étoit très défectueuse,cc ("puisque chaque degré fait 697 milles), le calcul ne réponditcc point à son attente ; il crut alors qu’il y avoit au moins quel-cc que autre cause jointe à la pesanteur qui agit sur la lune, etcc il abandonna ses recherches sur cette matière. Quelques au-cc nees après, une lettre de Hooke lui lit rechercher quelle estcc la vraie courbe décrite par un corps grave qui tombe et quice est entraîné par le mouvement de la terre sur son axe. Ce lutce une occasion pour Newton de reprendre ses premières idées<c . .r la pesanteur de la lune. Picard venoit de mesurer ence ( rance le degré de la terre (802); et en se servant de sesce mesures , il vit que la lune étoit retenue dans son orbite par« le seul pouvoir de la gravité (ioi 5 ), diminuant pour unc corps plus éloigné du centre de la terre de la même manierac qu’il l’avoit autrefois conjecturé. D’après ce principe Newton