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Tome I.
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HISTOIRE

à six mètres. On sent les inconvéniens qui en résulteraient,tant pour les fortes transpirations qui s’établiraient infaillible-ment dans une masse aussi considérable de terres nouvellementremuées, qu’à cause des atteintes de la rivière d’Aude dans lesinondations. En effet, le couronnement de l’éperon supérieurde l’écluse de Salelles, est de 58 décimètres et demi au-dessusdu niveau de l’Aude , dans son état ordinaire ; et l’on a vu leseaux de cette rivière s’élever à plus de 60 décimètres au-dessusde ce niveau, notamment le 17 ventôse an x, c’est-à-dire à plusd’un décimètre et demi au-dessus du couronnement de l’épe-ron dont il s’agit; car il y a 78 décimètres de pente du cou-ronnement de cet éperon à l’éperon inférieur de l’écluse duGaillousty, et celui-ci est à 19 décimètres et demi au-dessousdes eaux ordinaires de l’Aude .

Ij’emboucliure du Canal de Narbonne est tournée vers-do-courant de la rivière d’Aude , pour en recevoir les eaux limo-neuses et les porter dans l’étang de Capestang ; mais le secondusage auquel on a destiné le Canal de Narbonne , contrarienécessairement sa navigation , et occasionne une consommationd’eau de beaucoup supérieure aux besoins naturels de ce Canal.En effet, à chaque crue, l’embouchure de ce Canal est obstruée,et l’on ne parvient à la dessabler, qu’en enlevant les dépôts à ladrague, ou en les repoussant dans la rivière au moyen de chassesd’eau , administrées par l’écluse du Gaillousty.

Il est arrivé bien des fois que la courbe a été tellement ensa-blée, que quinze jours, et même trente, étaient à peine suffisanspour la curer, et rétablir le passage à l’aide de dragues : on amême pris le parti de la barrer par deux batardeaux, un àchaque extrémité, pour en épuiser les eaux et la curer à lapelle. Ce procédé aurait pu être Je plus expéditif, mais nonle plus sûr , ce travail ayant presque toujours lieu dans un