Band 
Tome I.
Seite
176
JPEG-Download
 

t 7 6 HISTOIRE

une crue enleva la barre au bout de quelques heures, et remitl’entrée du grau dans son état ordinaire.

Les ensablemens firent des progrès rapides vers la fin de laseconde époque, et donnèrent les plus vives alarmes au com-merce d’Agde ; des coups de mer occasionnèrent des brèchesaux jetées , et détruisirent la majeure partie des ouvrages qu’onavait construits depuis 1764. Ces accidens échauffèrent les esprits:pendant que les Etats ordonnaient de nouvelles impositionspour réparer et perfectionner les ouvrages endommagés, la villed’Agde présentait des mémoires, et demandait, avec instance,l’établissement d’un ponton permanent à l’embouchure del’Hérault . Les Etats avaient rejeté cette proposition en i 7 36 ,persuadés que le travail du ponton 11e suppléerait jamais audéfaut des crues: mais en i 77 5 , ils ne purent résister auxdémarches du commerce ; et cédant à ses pressantes sollici-tations, ils autorisèrent des ouvrages dont la province fit bientôttous les frais.

a*

La troisième époque , qui s’étend jusqu’à nos jours, com-mença sous de malheureux auspices. Malgré les enlèvemcnsdispendieux de sables, qu’on avait faits à l’aide du ponton ,malgré la restauration complète des ouvrages, les dépôts s’étaientaccumulés , au point que la profondeur de l’eau , en 1781, setrouvait réduite à deux mètres environ. Garipuy, dont leslumières et l’expérience avaient fixé l’attention publique , con-sulté sur les moyens à prendre pour détruire les obstacles à lanavigation, répondit qu’il 11’en connaissait pas de certains. Dessondes faites avec beaucoup de soin par le même Garipuy, etaprès sa mort, par des inspecteurs de travaux publics , démon-trèrent, le 27 mai 1782, que dans l’espace de quatre mois,quoiqu’on 11’eût pas discontinué la manœuvre du ponton, lahauteur réduite de la barre avait augmenté d’un tiers de mètre,