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Tome I.
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178 HISTOIRE

cet obstacle, et quelquefois à le déraciner. Cela arrive, lors mêmeque l’eau transporte des matières spécifiquement plus pesantesqu’elle; et il est d’autant plus essentiel de le remarquer, qu’ainsichargée de matières étrangères, elle dépose d’ailleurs, par-toutoù elle trouve un obstacle autour duquel elle ne peut circulerlibrement.

Le même effet a lieu pour tout autre obstacle et dans toutautre fluide. Quand un arbre , par exemple, surmonte unedune sablonneuse, et qu’il présente une certaine surface à l’ac-tion du vent , alors il se forme autour un vide qui a la figured’un entonnoir ou d’un cône renversé ; et c’est ce que j’aiobservé en Egypte sous les sycomores , qui croissent sur lesdunes de la province de Giseli, près de Bénisalamé.

En 1782 , Groignard, ingénieur général de la marine, quesa grande réputation dans les travaux'des ports de mer avaitfait appeler à Agde , pour dissiper les incertitudes produitespar la variété des projets qui avaient été présentés, attribua laformation de la barre à trois causes :

i°. Aux sables charriés par le courant littoral, qui rase lesdeux pointes de l’anse sans y pénétrer;

2 0 . Aux sables que les vents portent, des dunes du couchant,dans le lit de la rivière.

3 °. A ceux qui filtrent à travers les jetées.

Pour remédier aux inconvéniens que présentait la barre à lasûreté de la navigation, Groignard proposa de prolonger succes-sivement les jetées, sur-tout celle de l’est, de manière qu’ellesfussent toujours au-delà des ensablemens, à mesure qu’ils se for-meraient. Il assurait qu’ils n’augmenteraient plus, lorsque lesjetées auraient atteint la ligne droite passant par les deux pointesde l’anse , dont la profondeur est de 1200 mètres. Il réduisaitla largeur du chenal de 100 mètres à 80, en courbant la jetée