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Tome I.
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DU CANAL DU MIDI .

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bien au large du fort Brescou, et à plus de 200 mètres de cefort: dès-lors ce courant ne peut point amener dans la rade lessables qu’il charrie. Ceci explique pourquoi les sondes faites dansla rade de Brescou,à diverses époques depuis 1680 jusqu’à cesderniers temps , ont indiqué une profondeur constante , et lemême fond d’algues , de vases et de sables, sans altération. Lesmarins ont reconnu, en avant du fort Brescou, le courant dontnous parlons : il existe, à la vérité, entre les rochers de Brescou et la terre, un autre petit courant , mais qui ne charrie pointde sables, comme le prouve l’observation citée plus haut. Onne doit pas être surpris, que dans les raouvemens généraux dela mer , le resserrement de l’intervalle cité plus haut, déter-mine ce courant particulier, et qu’il devienne plus sensible parles vents de sud-est et d’est-nord-est; ainsi tout sert à prouverque le courant du large est le courant littoral, que le gisementde la côte a dévié de sa direction.

Il suit de-là , que le port de Richelieu , formé en i 63 o , àl’ouest du cap d’Agde,par une digue de plus de 780 mètres delongueur perpendiculaire à la côte, n’a point reçu les alluvionsproduites par ce courant, mais les alluvions des sables soulevéset chassés le long de la plage parles vents tenant de l’ouest, quisont extrêmement violens sur cette côte. C’est ainsi qu’une partiede la vallée du Nil , comme nous l’avons prouvé ailleurs (1), aété comblée par les amas provenans du transport des sablespoussés de l’ouest vers l’est. Ici, comme en Egypte , la marche dessables dans cette direction est constamment observée. La jetéede Richelieu s’étant offerte comme obstacle, les sables s’y sontarretés, et les comblemens successifs ont eu lieu, de proche enproche, dans le fond de l’anse ; tandis que si ces comblemens

(1) Mémoire sur la vallée des lacs Nalron et celle du fleuve sans eau.