Languedoc; du mois de juillet 1684 , dans l’espace de troisannées le Canal des deux mers avait éprouvé des ensablemenssur 43oo mètres de longueur en trente-quatre endroits , et surdifférentes hauteurs ; savoir, de 3 , 5 et 6 décimètres, ce quifaisait 28730 mètres cubes de dépôts à enlever. Nous voyonsque le barrage du Mincio, formé en poutrelles, n’était destinéqu’à interrompre le cours de cette rivière pendant les crues duPô, dont on voulait empêcher les troubles de pénétrer dans lelac inférieur de Mantoue ; mais on sent quels embarras on devaitéprouver à retirer ces poutrelles, pressées dans leurs rainures parune charge d’eau relative à leur hauteur.
Un moyen très-simple de remédier en partie à l’inconvé-nient des dépôts, et à la submersion trop prolongée des écluses,serait d’adopter pour ces barrages les épanclioirs mobiles de larivière d’Orb , qui permettraient de régler, en quelque sorteà volonté, le mouvement des eaux de la rivière, en conséquencede leur affluence plus ou moins grande , et qui nettoyeraient lefond , en produisant l’effet des écluses de chasse.
La direction et l’emplacement des écluses ne sont nullementarbitraires, et dépendent de considérations auxquelles il fautnécessairement avoir égard, si l’on ne veut s’exposer à contra-rier la nature , et conséquemment à porter le désordre dans leslits des cours d’eau naturels.
Il résulte de ces considérations, que les eaux des rivièressont soumises à deux pentes, l’une dans le sens de leur longueur,et l’autre dépendante de la topographie générale du terrain,qui détermine le courant principal, c’est-à-dire, celui que suitla navigation , à affecter plus particulièrement une des deuxrives (1) : je dis affecter , parce que ce courant principal est
(•} Je crois être le premier qui ail énoncé ce principe dans mon Mémoire sur