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Suivant le projet deLespinasse, le Canal du Midi servirait demagasin d’eaux. Celles du bassin de Lampy seraient employéesà l’irrigation des terres entre Toulouse et l’écluse de Fresquel :une partie des mêmes eaux, reportée dans le Canal par la prisede Fresquel, arroserait les terres situées entre l’écluse de mêmenom et celle de Puiclierie ; et l’on trouverait dans l’étang deMarseillette des ressources suffisantes, tant pour dédommager lanavigation de la perte des eaux de Lampy, que pour abreuverles propriétés du Bas-Languedoc , jusqu’à Béziers exclusive-ment.
On sent bien que ce projet a besoin d’être modifié, d’après lesconsidérations qui se trouvent à la fin du cinquième chapitre.
Lespinasse établitles calculs, pour la dépense des eaux, sur cerésultat d’expérience que , pour abreuver les terres les pluslégères au point de saturation , et à plus forte raison les terresgrasses , il faut, tout au plus , répandre, une fois la semaine ,27 millimètres d’eau sur leur surface.
En effet, suivant Lespinasse, 14 à 1G millimètres d’eau depluie suffisent, en Languedoc , pour rendre boueuses les terres lesplus légères, d’un sablon fin ; et il faut deux ou trois jours dechaleur ou de vent, pour les sécher au point de pouvoir y intro-duire la charrue; il en faudrait sept ou huit, s’il était tombé20 à 23 millimètres d’eau de pluie.
Ces remarques sont encore appuyées par les faits suivans. AMillas, village situé sur la Têt, à six kilomètres au-dessus de Per-pignan , on arrose des terres de nature grasse, dont le sol a beau-coup de profondeur, et dont la majeure partie est en prairies : lahauteur d'eau versée par semaine sur ces terres est de 34 milli-mètres. A Conques,village situé sur l’Orbiel,à 4 kilomètres au nordde Carcassonne , et éloigné de Millas de 72 kilomètres , les terresarrosées, qu’on laisse en prairies, et qui sont assez grasses sur