2
AVANT-PROPOS.
calligraphes, les peintres-verriers, les sculpteurs, les orfèvres, lespotiers, les émailleurs, les horlogers, les graveurs, les ciseleurs, lesébénistes du moyen âge s’élevèrent peu à peu dans l’estime publique,et enfin les ouvriers du siècle des Valois furent considérés commede grands artistes. Donc l’école romantique ne fut pas stérile, puis-que, malgré les exagérations dont on l’accuse avec raison, les tra-vaux de ses principaux fondateurs fixèrent l’attention du public surles plus belles époques de l’histoire moderne, mirent en évidence lesproduits archéologiques de ces mêmes époques, arrêtèrent l’élandestructeur de l’affreuse bande noire , et nous conservèrent quelquesmonuments historiques du plus haut prix.
Là commence l’œuvre d’abord facile, mais bientôt très-difficiledes collectionneurs érudits ; difficile en effet, car la concurrence netarda pas à s’établir parmi les acheteurs, qui tous voulurent possé-der des objets fabriqués au moyen âge et à la renaissance. Lesmontres et les horloges obtinrent la même faveur, on se les disputadans les ventes publiques, chez les marchands de curiosités, etc., etelles sont aujourd’hui d’un prix excessif, inabordable.
Lorsque je fus admis à visiter pour la première fois la collectiondu prince Pierre Soltykoff, laquelle est sans contredit une des plusremarquables de l’Europe par le grand nombre et la pureté desobjets qu’elle contient, je fus heureux d’y trouver une suite d’in-struments horaires d’un travail exquis, d’une ornementation peucommune. J’obtins d’abord la permission de prendre des notes, dedessiner quelques types, puis bientôt, le prince ayant bien voulumettre à ma disposition, pour les cataloguer et les décrire, toutesles pièces d’horlogerie qui avaient été l’objet de mon admiration, jeme hâtai de rassembler mes notes, de les compléter et de les livrerà l’impression.