DU PRINCE SOLTYKOFF.
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grava des divisions et des figures pour chaque signe. ( Mém . de VAcad., 1730.)
Lalande, dans son Voyage en Italie , dit que la méridienne des Chartreuxde Rome , aux Thermes de Dioclétien , est la plus ornée que l’on connaisse.Elle a deux gnomons, l’un de 75 pieds de hauteur, l’autre de 62; cet ouvragefut construit par Bianchini, en 1701.
La méridienne de Saint-Sulpice de Paris fut entreprise en 1727 par Sully,horloger, qui est inhumé vis-à-vis des portes du sanctuaire. M. Le Monnier l’a refaite avec autant de soin que de magnificence, en 1743. Le gnomon a80 pieds de hauteur, il a un objectif de 80 pieds de foyer. M. de Césaris etM. Reggio ont fait, pour la cathédrale de Milan , une méridienne qui n’estpas moins belle que celle de Saint-Sulpice : le gnomon a 73 pieds de hau-teur. (Eph. de Milan , 1788.)
La petite ville de Tonnerre, en Bourgogne , est la seule en France , et pro-bablement en Europe , où il y ait une grande et belle méridienne avec lacourbe du temps moyen. Elle est due à Beaudoin de Guémadeuc, ancienmaître des requêtes, connu par différents mémoires sur les sciences posi-tives. Ce savant avait choisi l’église de l’hôpital de Tonnerre pour y établirun gnomon. Plusieurs mathématiciens concoururent à l’exécution de cemonument. Ce furent- l’avocat Daret, versé dans les calculs astronomiques,Camille Ferouillat, et enfin, l’astronome Lalande, qui fit exprès le voyage deTonnerre, pour se rendre compte de la possibilité de l’exécution. La courbedu temps moyen, qu’on a tracée autour de cette méridienne, est une partieimportante que l’on devrait toujours employer; car le temps moyen est leseul que puissent suivre les horloges et les montres. Depuis déjà longtemps,en Angleterre, à Genève et en France , on ne se sert de l’heure apparenteque comme règle de proportion.
Le sablier est d’une origine fort ancienne. Les peuples de l’Asie en faisaientusage longtemps avant Jésus-Christ ; Winckelmann parle d’un bas-relief antiquereprésentant les noces de Thétis et Pélée , dans lequel on voit Morphée tenantdans sa main gauche une horloge de sable ressemblant au sablier moderne.Cet instrument est trop conuu pour que j’en donne ici la description. Jedirai seulement que sa marche a toujours été défectueuse. Cependant on s’enservit de préférence durant la longue période du moyen âge, notammentdans les monastères, et aujourd’hui, malgré l’extrême modicité du prix desmontres et des pendules, le sablier est encore en usage dans nos campa-gnes et dans la plupart des contrées de l’Asie et de l’Afrique .
La clepsydre n’est pas d’une antiquité moins reculée : elle était connue
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