DU PRTNCE SOLTYKOFF. 19
tlourins ou environ. Cettuy maistre Jehan des Orloges a fait, de son temps,grandes œuvres ès trois sciences, dessus touchiées, qui par les clercs d Italie ,d’Allemagne et de Hongrie , sont autorisées et en grant réputation ; entre les-quelles œuvres il a fait un instrument, par aucuns appelé sphère, ou orlogedu mouvement du ciel : auquel instrument sont tous les mouvements dessignes et des planettes avec leurs cercles et épicycles et différences parmultiplications, roes sans nombre avec toutes leurs parties, et chacune pla-nelte en la dite sphère particulièrement. Par telle nuit, on voit clairementen quel signe et degré les planettes sont et estoiles du ciel : et est faite sisoubtilement cette sphère, que, nonobstant la multitude des roes qui ne sepourraient nombrer bonnement sans défaire l’instrument, tout le mouvementd icelle est gouverné par un tout seul contrepoids, qui est si grant merveille,que les solempnels astronomiens de lointaines régions viennent visiter engrant révérence le dit maître Jehan et l’œuvre de ses mains; et dient tousles grans clercs d’astronomie, de philosophie et de médecine, qu’il n’estmémoire d’homme par écrit ne autrement, que, en ce monde, ait fait soubtiine si solempuel instrument du mouvement du ciel, comme l’orloge dessusdite; l’entendement soubtii du dit maistre Jehan, il, de ses propres mains,forgea ladite orloge toute de laiton et de cuivre, sans aide d’aucune autrepersonne, et ne fit autre chose en seize ans tout entiers, comme de aesté informé l’écrivain de cettuy livre, qui a eu grande amitié au dit maîtreJehan. »
L’horloge de Jacques de Dondis excita partout l’émulation. Un grandnombre de personnages distingués voulurent en avoir de pareilles, et desouvriers de la France et de l’étranger en fabriquèrent pour plusieurs châ-teaux, églises et monastères. Parmi les horloges qui furent faites auxiv e siècle, nous citerons d’abord celle de la cathédrale de Dijon , quePhilippe le Hardi enleva à la ville de Courtrai après la bataille de Rosebecq.
« Le duc de Bourgogne, dit Froissart , fit oter des halles ung orologe quisonnait les heures, un des plus beaux qu’on sçut trouver delà ne deçà lamer; et celui orologe mettre tout par membres et par pièces sur chars, et lacloche aussi. Lequel orologe fut amené et charroyé en la ville de Dijon enBourgogne , et fut là remis et assis, et y sonne les heures vingt-quatre entrejour et nuit. »
Le grand historien du xiv e siècle s’est plu à donner, dans une pièce devers remarquable, la description d’une horloge de son époque.
Cet écrit, dont nous donnons les principaux passages, est intitulé :