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Collection archéologique du Prince Pierre Soltykoff : horlogerie: description et iconographie des instruments horaires du XVIe siècle ; précedée d'un abrégé historique de l'horlogerie au Moyen Âge et pendant la Renaissance suivie de la bibliographie complète de l'art de mesurer le temps depuis l'antiquité jusqu'a nos jours / par Pierre Dubois
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COLLECTION ARCHÉOLOGIQUE

mart, horlogeur et serrurier demeurant dans la ville de Lille , travaillaitpour le duc de Bourgogne , et qu’il reçut 22 livres pour les besognes qu’ilavait faites à l’horloge de Dijon . De ce document authentique, M. Peignottire l’induction suivante : « Ce Jacquemart de Lille ne serait-il pas le fils oule petit-fds de celui qui aurait fait l’horloge de Courtrai, transportée à Dijon en 1380? Le peu de distance de Lille à Courtrai le donnerait à penser. Alorsil serait présumable que le nom de notre Jacquemart proviendrait de celuide son fabricateur, le vieux Jacquemart de Lille . » (voy. note 2.)

Toutes ces inductions sont plus ou moins concluantes ; mais ce ne sontau total que des inductions, et aucune d’elles ne prouve d’une manièreprécise l’origine du mot Jacquemart. Quant à moi je me garderai bien deprendre parti dans ce grave différend; je dirai seulement qu’à la fin duxiv e siècle et au commencent du xv% plusieurs églises, en Allemagne , enFlandre, en Italie, en Angleterre, en France et ailleurs, avaient déjà desJacquemarts.

Nous n’avons pas fini le catalogue des horloges qui furent érigées enEurope dans le cours des deux siècles qui précédèrent la Renaissance. Celledu Palais de Justice de Paris est une des plus intéressantes.

Charles Y, qui mérita le nom de Sage, ne négligeait rien pour être utileaux habitants de sa bonne ville de Paris , et il eut la pensée de faire con-struire une horloge qui, placée dans la tour de son palais de la cité, feraitconnaître à ses sujets, les heures du jour et de la nuit. Cette pensée reçutbientôt son exécution ; mais Paris ne renfermant alors aucun ouvrier capabled’entreprendre un tel travail, le roi le confia à un horloger vurtembergeoisnommé Henry De Yic, qui s’en acquitta à la satisfaction générale.

L’artiste allemand , disent les mémoires du temps, eut son logement dansla tour même où il devait asseoir l’horloge, et le roi lui ayant accordé sixsous parisis par jour pour ses honoraires, il les toucha pendant huit ansconsécutifs, temps qu’il lui fallut pour exécuter son ouvrage.

Jean Jouvance fut chargé de couler la cloche sur laquelle le marteau del’horloge devait sonner les heures ; ce fut cette cloche qui, deux sièclesplus tard devait donner le signal de la Saint-Barthélemy , elle fut assise avecbeaucoup de succès, dans la partie supérieure de la tour du palais.

Nous ne dirons que peu de mots sur les restaurations successives quifurent faites au cadran de l’horloge de Henri de Yic. Les plus importanteseurent lieu sous Charles IX et Henri III. Charles IX fit entourer ce cadrande peintures à fresques, et d’une ornementation du meilleur goût. Germain