DU PRINCE SOLTYKOFF.
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LETTRES PATENTES DONNÉES AUX MAITRES HORLOGERS DE PARIS PARLOUIS XIV , EN OCTOBRE 1652
Louis, par la grâce de Dieu , etc.
Quoique les rois nos prédécesseurs n’aient perpétuellement rendu leurs intentions favo-rables aux vœux de leurs sujets qu autant qu’ils étaient réduits sous la justice des sou-missions capables de mériter 1 honneur de leur bienveillance, nous avons toutefois, dèsnotre avènement à la couronne, pratiqué les maximes d’une politique moins rigoureuse,puisque nos peuples en général ont ressenti les effets de nos grâces dans la confirmationde leurs privilèges avant qu ils eussent presque fait la demande, et que les particuliers sesont insensiblement vus élevés au point d’une quiétude qu’il n’osaient auparavant espérer.La nécessité des intelligences honnêtes de quelques négociants, les adresses de quelquespersonnes attachées à la curiosité des mécaniques, et les ouvrages ingénieusement faitsde quelques artisans, nous ont obligé q e i cs exempter de nos lettres de maîtrise, concédées,soit en faveur de mariage, de naissance d’enfants de France , d’entrée en nos villes, oupour autres considérations importantes à notre État; mais parce que l’expérience nousa fait connaître, depuis notre heureux retour en notre bonne ville de Paris , est infinimentau-dessus de ceux que nous avons bien voulu gratifier, que par l’application d’un mou-vement inconnu il fait découvrir les degrés du soleil, le cours de la lune, les effets desastres, la disposition des moments, des secondes, des minutes, des heures, des jours, dessemaines, des mois et des années, les productions des métaux, les qualités des minéraux,et que toutes les sciences contribuent unanimement au succès favorable de ces objets •que le coup d’une horloge adroitement disposé, préserve la personne d’un malade desattaques funestes de ses douleurs, quand le remède lui est proportionnellement donné àl’heure prescrite par le médecin; qu’une bataille se trouve ordinairement au point de sagloire par le secours d un juste réveille-matin; et que l’invention de la montre doit effec-tivement passer pour le principal mobile du repos, de la douceur et de la tranquilité deshommes. Nous estimons aussi qu’il est bien raisonnable d’empêcher que dorénavant nuisne se puissent faire admettre audit art que ceux qui auront été réduits sous la disciplined’un apprentissage, d’un chef-d’œuvre conditionné et d’une expérience judicieusementimposée, puisque même les maîtres jusqu’à présent reçus en notre dite ville se sontrendus si habiles que leur industrie surpasse de beaucoup celles des étrangers tant en labeauté de leurs ouvrages qu’en là bonté qu’ils se sont particulièment étudiés d’y garderdont nous tirons un avantage de si grande conséquence, que les plus considérables denotre cour, les marchands et tous nos peuples ont perdu le désir d’en chercher ailleurset que par ce moyen le transport de nos monnaies ne se fait plus maintenant dans les payséloignés, comme il se faisait ci-devant. C’est pourquoi les maîtres horlogers de notredite ville, faubourgs et banlieue de Paris , nous ayant présenté requête en notre conseilà ce qu’il nous plût leur octroyer nos lettres nécessaires pour en leur faveur interdireles dites lettres de maîtrise : nous, avant leur faire droit, l’aurions, par arrêt du 21 no-vembre 1651, renvoyé au prévôt de Paris , ou son lieutenant-civil, afin de nous donnerson avis sur les conclusions d’icelle, qu’il aurait délivré le 3 décembre en suivant tel que