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Collection archéologique du Prince Pierre Soltykoff : horlogerie: description et iconographie des instruments horaires du XVIe siècle ; précedée d'un abrégé historique de l'horlogerie au Moyen Âge et pendant la Renaissance suivie de la bibliographie complète de l'art de mesurer le temps depuis l'antiquité jusqu'a nos jours / par Pierre Dubois
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COLLECTION ARCHÉOLOGIQUE

horloge, qu’on appelle communément « la tête monstrueuse » ou Hans vonJéna, est souvent citée par les écrivains allemands, lesquels prétendent quela figure qui en fait le principal ornement représente les traits d’un bouffondu prince Ernest, électeur de Saxe. On dit qu’après la mort de l’électeur,alors que ses héritiers se partageaient le pays,.le fou Klaus (c’est ainsi qu’ilse nommait) fut estimé 80,000 risdalers (32,000 fr.), somme énorme pourl’époque : « Les plus sages et les plus habiles, disent les chroniqueurs, pou-vaient aller à l’école de ce bouffon de cour, et les princes mêmes man-quaient rarement de lui demander des conseils. »

Peu de temps après la mort de Charles-Quint, l’empereur Ferdinand , sonsuccesseur, envoya à Soliman, empereur des Turcs, une horloge admirable.Suivant Bugato (Garzoni Piazza universale), elle marquait le cours desastres, le lever et le coucher du soleil ; elle sonnait les heures, etc.

En 1570, la ville de Niort , en Poitou, s’enrichit d’une horloge non moinscurieuse que celle d’Iéna. Une multitude de figures allégoriques la déco-raient. Elle fit pendant longtemps l’orgueil de la province ; elle était un objetd’envie pour les pays circonvoisins, dont les habitants venaient la visiter engrant révérence. Le sieur Bouhain, auteur de cette horloge, en a donné unedescription qui peut paraître emphatique ; cependant, d’après ce qu’en disentplusieurs historiens, notamment le jésuite Schott et le révérend pèreAlexandre, elle n’était.pas inférieure aux plus belles horloges de l’époque.

L’HORLOGE DE STRASBOURG

La cathédrale de Strasbourg a eu deux horloges ; la première était placéevis-à-vis de celle qui existe aujourd’hui. On y voit encore, dans la muraille,les restes de la pierre qui la soutenait. Elle fut commencée en 1352 etachevée en 1354. (Voy. Schiller, page 575.) Elle était divisée en trois par-ties. La première, commençant par le bas, représentait le calendrier, quifaisait son tour en un an. On voyait dans la partie du milieu un astrolabequi indiquait les mouvements du soleil et de la lune, les heures et les demi-heures. La partie la plus élevée renfermait l’image de la Vierge, devant la-quelle les trois rois s’inclinaient à chaque fois que l’heure était sur le pointde sonner. Cette horloge, quoique réparée en 1399, tombait en ruine,lorsque les directeurs de la fabrique résolurent, en 1547, d’en faire con-struire une nouvelle, pour être mise à la place qu’occupe aujourd’hui celledont nous donnons plus bas la description.