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Collection archéologique du Prince Pierre Soltykoff : horlogerie: description et iconographie des instruments horaires du XVIe siècle ; précedée d'un abrégé historique de l'horlogerie au Moyen Âge et pendant la Renaissance suivie de la bibliographie complète de l'art de mesurer le temps depuis l'antiquité jusqu'a nos jours / par Pierre Dubois
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DU PRINCE SOLTYKOFF.

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aussi compliquée et aussi bien travaillée n’avait encore été vue dans lacapitale.

Les cadrans qui marquaient, outre les heures, les révolutions des corpscélestes, le cycle solaire, le nombre d’or et les épactes, le lever et le coucherdu soleil, les signes du zodiaque, les quantièmes des mois, les jours de lasemaine, etc., etc., tous ces cadrans, en cuivre doré, ont été gravés et ci-selés avec le goût le plus exquis. Il en est de même pour les aiguilles, queles rouages intérieurs de la machine entraînaient incessamment dans leursmouvements respectifs de rotation. On voit sur le cadran principal les por-traits en médaillons de trois princes de la maison de Lorraine ; leurs armesou blasons se détachent en relief sur le dôme pentagonal qui surmonte élé-gamment l’édifice.

Le cardinal était fier de son horloge planétaire, et Henri II , qui la vit à sonretour de la Lorraine , en 1553, voulut en avoir une absolument pareille.Oronce Finé entreprit ce nouveau travail, mais ses forces étaient épuisées,et deux ans plus tard, quoiqu’il n’eût alors que soixante et un ans, ce grandmathématicien avait cessé de vivre. Mais, par un hasard providentiel, sonhorloge nous est restée presque intacte : elle orne aujourd’hui la salle desmanuscrits de la bibliothèque de Sainte-Geneviève . Elle est presque intacte,c’est un fait ; car jusqu’à présent elle a échappé aux mains meurtrières desouvriers des dix-sept et dix-huitième siècles; elle n’a pas été modernisée.Mais hélas! l’action du temps, mais la rouille et la poussière ne l’ont pasrespectée depuis trois siècles, et le moindre ébranlement pourrait disjoindreou briser ses frêles organes. Espérons que ce malheur n’arrivera pas, etque bientôt cette horloge, confiée à d’habiles artistes, et reprenant sous leursmains sa forme primitive, redeviendra le chef-d’œuvre d’Oronce Finé .

On ne connaît pas l’auteur de la célèbre horloge de Jean d’Iéna, mais onsait quelle fut construite vers le milieu du xvi e siècle ; elle existe encoreaujourd’hui. Au-dessus de son cadran est une tête en bronze, d’une laideurremarquable, dont la bouche.s’ouvre,. dès que l’heure va sonner ; alors unestatue, représentant un vieux pèlerin, lui présente une pomme d’or attachéeau bout d’une baguette ; mais au moment où la pomme est sur le pointd’être avalée, le pèlerin la retire précipitamment : ainsi le pauvre Bans deJena (Jean d’Iéna), comme on l’appelle, est condamné, depuis trois siècles,au sort de Tantale . A gauche de cette tête est un ange chantant (ce sont lesarmes de la ville) : il tient un livre d’une main, et le lève vers ses yeux, àchaque fois que l’heure sonne ; de l’autre main, il agite une clochette. Cette