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Collection archéologique du Prince Pierre Soltykoff : horlogerie: description et iconographie des instruments horaires du XVIe siècle ; précedée d'un abrégé historique de l'horlogerie au Moyen Âge et pendant la Renaissance suivie de la bibliographie complète de l'art de mesurer le temps depuis l'antiquité jusqu'a nos jours / par Pierre Dubois
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COLLECTION ARCHÉOLOGIQUE

bourg à Nicolas Copernic qui florissait vers le milieu du xvi' siècle. Ilsajoutent qu’après que ce savant astronome eut mis la main à son œuvre, leséchevins et les consuls de la ville lui firent crever les yeux pour lui ôter lapossibilité d’en exécuter une pareille. Le premier fait est dénué de toutfondement; il est même probable que Copernic n’a pas vu l’horloge deStrasbourg ; quant au second fait, il tombe de lui-même, c’est un conteabsurde de tout point, et nous nous étonnons à bon droit que des écrivainss’en soient faits les propagateurs.

Gette horloge, qui représentait l’état des connaissances du xvi° siècle,était, pour son temps, un véritable chef-d’œuvre; aussi fut-elle comptéeau nombre des sept merveilles de l’Allemagne, dont Strasbourg faisait alors,partie comme ville libre. Les poètes les plus célèbres de l’époque, lesXylander, les Fischart , les Crusius, les Cell, les Frischlinus, s’empressèrentà l’envi d’en faire le sujet de leurs chants.

L’horloge de Strasbourg cessa de fonctionner régulièrement dès le com-mencement du xvm e siècle; on la répara plusieurs fois sans beaucoup desuccès jusqu’au moment où, en 1838, M. Schwilgué, savant horloger, entre-prit la restauration complète de cette machine. Ce travail fut achevé le2 octobre 1842, à la grande satisfaction des habitants de la ville qui firent,avec solennité, l’inauguration de la nouvelle horloge le 10 décembre de lamême année.

Comme cette pièce diffère essentiellement de la première, nous croyonsfaire plaisir aux lecteurs en en donnant la description d’après M. C. Schwil-eué, le fils du savant artiste.

« Cette œuvre, dit l’auteur, qui vient d’être complétée par la pose d’unesphère céleste, est entièrement de l’invention de mon pore, aucune pièce del’ancienne horloge n’ayant pu être utilisée, à l’exception de quelques sta-tuettes, dont les unes ne servent que d’ornement et dont les autres ont reçudes mouvements plus naturels.

« Toutes les anciennes indications, en majeure partie figurées par lapeinture, ne pouvaient servir que pour des périodes assez restreintes;aujourd’hui elles se trouvent reproduites à perpétuité par des combinaisonsmécaniques dont l’exactitude ne laisse rien à désirer. Outre ces indicationsastronomiques, l’horloge en fait voir plusieurs autres qui n’étaient pas con-nues au temps de Dasypodius * Enfin, pour conserver les traditions de l’an-cienne horloge, dont le souvenir est si populaire dans nos contrées, lesdivers mécanismes ont été composés de manière à ce que, malgré les nom-