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Collection archéologique du Prince Pierre Soltykoff : horlogerie: description et iconographie des instruments horaires du XVIe siècle ; précedée d'un abrégé historique de l'horlogerie au Moyen Âge et pendant la Renaissance suivie de la bibliographie complète de l'art de mesurer le temps depuis l'antiquité jusqu'a nos jours / par Pierre Dubois
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68 COLLECTION ARCHÉOLOGIQUE

dans des niches où elle se succèdent les unes aux autres régulièrement àminuit.

La première figure, qui représente le dimanche, est un Christ ressuscitéavec ce mot au-dessous : Dominica ; la seconde est une Mort, Feria secunda;la troisième est un Saint-Jean-Baptiste, Feria tertia; la quatrième unSaint-Étienne , Feria quaria; la cinquième, un Christ qui soutient unehostie, Feria quinta; la sixième, un Enfant qui embrasse une croix, Feriasexta; et la septième, une Vierge parce que ce jour lui est consacré,Sabbcttum. C’est ainsi que l’ingénieur de cette horloge a exprimé les joursde la semaine pour suivre en cela la coutume de l’Église romaine, qui neles appelle pas comme nous, lundi, mardi, mercredi etc., mais Feriasecunda, tertia, quarla, etc.

« Tout cela comme vous voyez est fort curieux, ou, pour mieux dire,fort admirable, mais beaucoup moins encore que ce que je vais vous dire.Au côté droit de l’horloge, il y a un autre cadran pour les heures et lesminutes, dont la forme étant tout à fait ovale, il faut que l’aiguille quiindique s’allonge et s’accourcisse de cinq pouces à chaque bout, et cela .deux fois par heure : ce qui jette dans l’admiration tous ceux qui sedonnent la peine d’examiner son mouvement.

« Je n’entrerai pas dans un plus grand détail, parce que insensiblementla description de cette horloge nous mènerait trop loin; ce que je viensde dire suffit pour faire voir de combien elle l’emporte sur celle deStrasbourg . »

L’horloge de Saint-Jean de Lyon donna lieu à une fable à peu prèssemblable à celle qu’a produite Rocca au sujet de l’horloge de Strasbourg .Le peuple avait la ferme croyance que Lyppyus fut mis à mort aprèsavoir achevé son chef-d’œuvre. Cette tradition s’est maintenue jusqu’ànotre dix^neuvième siècle; et il n’est pas rare d’entendre encore aujour-d’hui à Lyon d’ignorantes vieilles femmes ou d’infimes ciceroni affirmerl’authenticité de cet inqualifiable assassinat. Nous ne chercherons pas àprouver l’absurdité d’une telle fable; nos lecteurs savent bien que,même au xvi' siècle, on ne tuait pas les gens pour crime de chef-Æ œuvre.Si, vers la même époque, l’horloger Clavelé fut brûlé vif, ce n’est pasparce qu’il avait fabriqué la première horloge en bois : on s’est plu à enfaire un sorcier, uniquement parce qu’il était calviniste. Quant à Lyppyus,bien loin de le faire mourir injustement, on le combla d’honneurs ; la villelui fit une pension considérable dont il jouit jusqu’à sa mort. Son portrait