DU PRINCE SOLTYKOFF.
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l’aiguille, sou âge, son accroissement et décroissement insensibles, et enfinsa plénitude.
« Non-seulement les douze maisons du ciel y sont très-nettement distin-guées, mais aussi la division des jours en douze parties égales, qui sont lesheures inégales des Juifs par lesquelles ils avaient accoutumé de compter,comme il paraît par plusieurs passages de l’Écriture sainte.
« Une grande alidade qui traverse tout cet astrolabe représente le premiermobile, donne le mouvement du soleil dans l’écliptique, et, marquant deses extrémités les vingt-quatre heures du jour, indique en même tempsle mois et le jour courants, aussi bien que le degré du signe que le soleilparcourt ce jour-là. Mais ce qu’il y a de plus admirable, c’est que, pendantque cette alidade achève en vingt-quatre heures son mouvement d’orient euoccident, tout le système et chacune de ses parties conserve ses mouve-ments, et toutes les révolutions particulières s’achèvent, chacune en soutemps, sans désordre ni confusion.
« La plupart des étoiles fixes sont posées tout à l’entour dans leur véri-table situation, de sorte qu’on peut voir à toute heure celles qui sont dessuset dessous l’horizon. Au-dessus de cet astrolabe merveilleux, il y a uncalendrier pour soixante-six ans, qui marque les années depuis la nais-sance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, le nombre d’or, l’épacte, la lettredominicale, les fêtes mobiles, et le tout change dans un moment, le dernierjour de l’année, à minuit.
« On y voit encore un almanach perpétuel qui marque les jours du mois,les ides, les nones, les calendes, les fêtes du jour, l’office que l’on doit liredans l’église et le cycle des épactes. Enfin on peut dire que cette horlogeest un vi’ai microcosme (monde en abrégé).
« Il est vrai qu’une partie de tout cela, se voit à l’horloge de Strasbourg ,et qu’il y a de plus des figures qui sonnent les heures en passant par unepetite galerie et frappant chacune un coup sur le timbre; mais en récom-pense, on trouve en celle-ci des mouvements qui lui sont particuliers, etqui ne se voient, que je sache, en aucune autre du monde.
« Aussitôt que le coq a chanté, les anges qui sont dans la frise du dômeentonnent l’hymne de Saint-Jean-Baptiste ; Ut queant Iaxis, en sonnant depetites cloches qui y sont déposées exprès, ce qu’ils font avec une justessequi donne du plaisir.
« Une autre singularité qui n’est pas moins remarquable, c’est celle desjours de la semaine ; ils sont représentés par des figures humaines placées