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Collection archéologique du Prince Pierre Soltykoff : horlogerie: description et iconographie des instruments horaires du XVIe siècle ; précedée d'un abrégé historique de l'horlogerie au Moyen Âge et pendant la Renaissance suivie de la bibliographie complète de l'art de mesurer le temps depuis l'antiquité jusqu'a nos jours / par Pierre Dubois
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COLLECTION ARCHÉOLOGIQUE

mentation restèrent les mêmes, sauf de bien rares exceptions, depuisHenri III jusqu’à Louis XIII .

En effet, la renaissance ne finit pas avec les Valois; elle existait encoreau commencement du xvif siècle, et nous avons vu des montres et des hor-loges de cette dernière époque, qui n’étaient ni moins belles de formes,ni moins finement travaillées que la plupart de celles ayant appartenu auxvi c siècle. C’est donc seulement par la construction des rouages que l’onpeut se rendre compte de la véritable date d’une pièce d’horlogerieancienne; et c’est là où je me crois compétent.

Je sais, comme tout le monde, que beaucoup d’horloges du xvi° siècle ontété modifiées dans leurs organes mécaniques, notamment sous Louis XIV ;mais ces modifications ne peuvent tromper personne, car elles laissent aprèselles des traces malheureusement ineffaçables.

Hélas ! amateur comme je le suis des charmantes pièces d’horlogerie dela renaisssance, j’ai bien souvent déploré les mutilations dont elles ont étél’objet ! Si encore les vandales de l’art à l’époque du grand roi s’étaientbornés à porter leurs mains meurtrières sur les mouvements d’horlogerie,en respectant les boîtes. Mais non; sous prétexte d’enrichir les horloges dupendule de Galilée , ils supprimèrent des colonnes, des pilastres, des caria-tides, ils portèrent la scie et la lime dans le cœur des coupoles, des dômes,des clochetons, et enfin, ils ouvrirent des gueules béantes au beau milieudes portes sculptées, des cadrans gravés et ciselés, de ces précieux bijouxque leur déplorable ignorance ne leur permettait pas d’apprécier.

Avant de finir, je me permettrai de rectifier une erreur qui s’est répan-due trop facilement depuis le xvn 6 siècle jusqu’à nos jours. On a cru queles montres proprement dites étaient originaires de l’Allemagne, de Nurem-berg . Rien absolument ne justifie cette croyance presque générale. Lesmontres de petit volume sont nées en France , elles s’y sont perfectionnéesplus que partout ailleurs. Sans doute on a fait des montres à Nuremberg etdans d’autres parties de l’Allemagne, dès l’époque de Charles-Quint , maisle nombre en est très-restreint, j’en ai acquis la certitude en visitant lescollections publiques et particulières de l’Europe , notamment celles del’Autriche et de la Prusse, dans lesquelles on trouve une grande quantité demontres françaises de toutes formes, simples ou compliquées et fort peude montres autrichiennes ou prussiennes. Donc, les œufs de Nuremberg n’existent pas, mais les œufs.de France, soit de Paris, de Dijon, de Blois ,de Sedan, de Lyon, de Rouen , ne sont pas rares, en supposant qu’on