DU PRINCE SOLTYKOFF.
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par un chevalier debout: c’est saint Georges; il est couvert d’une étince-lante armure du temps de Louis XII ; d’une main il tient son bouclier et del’autre il s’appuie sur sa lance dont le bout, garni de fer, est enfoncé dans lagueule béante d’un dragon. D’autres détails qu’il serait trop long d’énumérerenrichissent cette horloge. Il est regrettable que le mouvement d’horlogeriene soit pas visible, car presque toutes les pièces qui le composent sont gra-vées en champ-levé avec une extrême délicatesse. La complication desorganes de cette petite machine est telle que, je ne crains pas de le dire,très peu d’artistes horlogers de notre époque seraient capables de la démon-ter et de la remonter comme il le faut et de faire fonctionner sans erreurtous ses organes, notamment ceux qui conduisent les aiguilles autour descadrans astronomiques. J’ai vu plus d’une fois dans des pièces du genre decelle-ci des bévues incroyables commises par des ouvriers d’ailleurs très-habiles; c’est que ces,ouvriers n’avaient pas fait d’études particulières con-cernant les horloges du xvi e siècle. On remarquait, très-récemment, sur unde nos boulevards les plus fréquentés, une petite pendule en marqueteriede l’époque de Louis XIV ; elle était étalée dans la vitrine d’un horlogerqui, de bonne foi sans doute, l’avait munie d’une large étiquette conte-nant ces mots : «Horloge ayant appartenu au roi Henri III ; prix : 150 fr. »Ce fait n’a pas besoin de commentaires.