DU PRINCE SOLTYKOFF.
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Cycloïde, et qui servit à égaliser la durée des vibrations du pendule; cequi était fort utile à l’époque où l’échappement à verge était seul connu;mais, aussitôt que ce premier modérateur du rouage des horloges fut rem-placé par l’échappement à ancre, avec lequel on peut faire décrire au pen-dule de très-petites vibrations, la cycloïde fut abandonnée sans retour.Si nous l’avons mentionnée ici, c’est parce qu’elle fait honneur au génieinventif de Huyghens , et qu’elle est liée à l’histoire de l’art (voy. note 3).
Ce fut aussi sous Louis XIV que l’on inventa les pendules et les montresà répétition, l’échappement à ancre dont nous venons de parler, l’outil àfendre les roues, et plusieurs autres pièces mécaniques dont la descriptionnous mènerait trop loin.
A cette même époque il y avait en Allemagne , en Hollande, en Suisse , etsurtout en Angleterre, des artistes en horlogerie infiniment supérieurs àceux de France . Les horloges, les pendules et les montres allemandes étaientexécutées avec talent, justesse et précision. Les pièces hollandaises possé-daient les mêmes qualités; elles avaient plus d’originalité dans leurs formes.Leurs vieilles horloges et leurs carillons sont encore aujourd’hui remar-quables par l’invention et par la manière dont ils ont été exécutés. LesSuisses se distinguaient particulièrement dans les montres qu’ils fabriquaient.On leur doit aussi plusieurs inventions admirables, et entre autres celledes chaînes de fusée qui, comme nous l’avons déjà dit, remplacèrent avan-tageusement les cordes de boyau. Quant à l’Angleterre, elle renfermaitdans ses principales villes, et surtout à Londres , des horlogers du plushaut mérite. Les écrivains de cette époque nous ont fait connaître à quelpoint l’horlogerie avait été perfectionnée sous les règnes de Charles II et deJacques II ; la Société royale de Londres renferme dans ses archives de nom-breux mémoires dans lesquels on découvre de belles inventions. On voitencore aujourd’hui, dans les châteaux, les palais, les musées, les églises, lescabinets d’amateur de l’Angleterre, des horloges, des pendules et desmontres du xvii e siècle qui toutes attestent le talent des artistes qui les ontexécutées. C’était donc en vain que les ouvriers français luttaient contre lesartistes anglais ; ceux-ci conservaient un avantage marqué, une supérioritéincontestable, et celte prépondérance, ils la gardèrent jusqu’au commence-ment du xviii 8 siècle. Nous dirons bientôt comment ils la perdirent et parqui elle leur fut enlevée.
Cependant la France , dans les dernières années du règne de Louis XIV ,possédait déjà une assez grande quantité d’artistes distingués, qui tirèrent