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Collection archéologique du Prince Pierre Soltykoff : horlogerie: description et iconographie des instruments horaires du XVIe siècle ; précedée d'un abrégé historique de l'horlogerie au Moyen Âge et pendant la Renaissance suivie de la bibliographie complète de l'art de mesurer le temps depuis l'antiquité jusqu'a nos jours / par Pierre Dubois
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COLLECTION ARCHÉOLOGIQUE

DES HORLOGES MARINES. — TRAVAUX DE IIARISSON

Jean Harisson, dès l’année 1726, était parvenu à corriger la dilatation desverges des pendules, de telle sorte qu’une horloge qu’il fit en 1727 ne va-riait pas d’une seconde en un mois. Vers le même temps, il fit une horlogedestinée à éprouver le mouvement des vaisseaux, et elle supporta cetteépreuve sans perdre de sa régularité.

En 1735, Halley, Bradley, Machin, Graham et Schmit, étonnés du talentet des succès de Harisson, attestèrent, dans un écrit signé d’eux, qu’il avaitdécouvert et exécuté, avec beaucoup de peine et de dépenses, une machinepour mesurer le temps en mer, sur des principes qui paraissaient promettreune précision très-suffisante pour trouver la longitude : en conséquence, ilsestiment que Harisson a mérité le plus grand encouragement de la part dupublic, et qu’il importe de faire l’épreuve des différentes inventions parlesquelles il est parvenu à prévenir les irrégularités qui proviennent natu-rellement des différents degrés de température et du mouvement des vais-seaux.

Au mois de mai 1736, l’horloge de HarisSon fut mise à bord d’un vais-seau de guerre qui allait à Lisbonne ; le capitaine Roger de Wills attesta parécrit qu’à son retour Harisson avait corrigé à l’entrée de la Manche uneerreur d’environ un degré et demi qui s’était glissée dans l’estime du vais-seau, quoi qu’on cinglât directement vers le nord. Ce fut alors que Harissoncrut pouvoir s’adresser aux commissaires des longitudes. Muni des certi-ficats convenables de ses premiers succès, il exposa les moyens qu’il avaitde simplifier encore et de réduire le volume de son horloge. 11 fut accueillifavorablement, et reçut, en 1737, des secours propres à le mettre en état desuivre ses vues, de sorte qu’en 1739 il produisit sa seconde machine. Ellefut soumise à de nouvelles expériences, dont le résultat fut quelle étaittrès-susceptible de donner la longitude dans les limites exigées par l’acte duparlement.

Harisson continua de travailler, et en 1741 il exécuta une nouvelle ma-chine plus petite, et qui parut supérieure aux deux premières. Douze mem-bres de la Société royale attestèrent quelle leur paraissait plus commode,plus simple et moins sujette à se déranger, ajoutant qu’ils ne pouvaient troprecommander aux commissaires de la longitude un homme de tant de ta-lents, pour l’aider à mettre la dernière main à cette troisième machine.