DU PRINCE SOLTYKOFF.
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Le 30 novembre 1749, Folkes, président de la Société royale, annonçadans l’assemblée de cette illustre compagnie que Harisson avait obtenu leprix ou la médaille d’or qu’on donne chaque année à celui qui a fait l’expé-rience ou la découverte la plus curieuse, en conséquence de la fondationde M. Godefroid Copley. M. Folkes ajouta que M. Hans Sloane , exécuteurtestamentaire de Copley, avait recommandé Harisson à la Société royale, àraison du précieux instrument qu’il avait fait pour la mesure du temps. Parces considérations, le président donna à Harisson cette médaille, sur laquelleétait gravé son nom, et il prononça un discours dans lequel il fit connaîtreavec détails tous les genres de mérites de l’œuvre du lauréat. On voit dansce discours que Harisson, avant de venir à Londres , demeurait à Barrow,dans le comté de Lincoln, près de Barton sur l’Humber. Il n’était pas des-tiné d’abord à la profession dans laquelle il a excellé depuis, mais il y futporté par inclination et par curiosité. Il suivait son génie, et cela vaut mieuxque tous les préceptes de l’art. Il travailla dans sa jeunesse avec son père,qui était charpentier et menuisier; cela lui donna occasion d’examinerd’abord la nature du bois, et il y trouva quelques avantages dont il profita.Il fit des horloges où les pivots étaient en cuivre et tournaient dans du bois,sans qu’il fût besoin d’huile et sans qu’il y eût d’usure à craindre. Il employaaussi des rouleaux de bois à la place des ailes de pignon, et cela lui réussit.Enfin, il imagina un échappement nouveau où la roue ne frottait pas sur lespalettes ou sur la pièce d’échappement. On peut lire dans la Connaissancedes temps, année 1765, plusieurs autres détails intéressants sur les premiersessais en mécanique du célèbre Harisson. Nous nous occupons pour le mo-ment des œuvres sérieuses de cet artiste.
Lorsque Harisson eut fini sa troisième machine, elle n’occupait pas plusd’un pied carré avec tous ses accessoires.
Enfin, en 1758, Harisson imagina une quatrième machine, qu’il a exé-cutée depuis; mais assez satisfait de la troisième, il crut enfin devoirs’adresser à la commission des longitudes, qui, après divers délais, ordonnale 12 mars, que l’épreuve de la montre de Harisson serait faite conformé-ment à l’acte du parlement. Ce fut Harisson le fils qui fut désigné, sur lademande de son père, pour faire le voyage à la Jamaïque . Cette destinationfut choisie, parce que ce voyage est ordinairement de trois semaines, et que,pour le faire, la machine est dans le cas d’éprouver des températures fortdifférentes.
Divers contre-temps retardèrent ce voyage d’environ six mois ; enfin, les