Buch 
Collection archéologique du Prince Pierre Soltykoff : horlogerie: description et iconographie des instruments horaires du XVIe siècle ; précedée d'un abrégé historique de l'horlogerie au Moyen Âge et pendant la Renaissance suivie de la bibliographie complète de l'art de mesurer le temps depuis l'antiquité jusqu'a nos jours / par Pierre Dubois
Entstehung
JPEG-Download
 

158 COLLECTION ARCHÉOLOGIQUE

sphère au-dessus de la pendule ; il s’ensuivait que celle-ci ne pouvait avoirqu’un ressort pour force motrice : de là naissait l’obligation de n’y mettrequ’un pendule fort court et très-léger, ce qui rendait la machine incapable

d’aucune justesse.

Passemant, au contraire, ayant imaginé de mettre la sphère au-dessousde la pendule, put appliquer au rouage un poids mouflé et un pendule fortpesant qui ne parcourt guère qu’un degré et qui bat les secondes fixes.

En second lieu, 1 auteur a évité dans sa sphère la confusion qui régnaitautrefois dans ces sortes d ouvrages ; il a séparé et placé dans un ordre clairet distinct la pendule à secondes, la sonnerie et tous les mouvements desplanètes. Le premier rouage occupe une cage dans la partie antérieure dela machine ; le second, dans la postérieure - , et le troisième placé horizon-talement au-dessus des précédents, remplit aussi ses fonctions dans unecage particulière. Les quantièmes sont disposés avec beaucoup d’harmoniesur la grande plaque de la pendule, et toutes les parties qui composent cebel ouvrage sont à découvert.

Quant à la précision des calculs de cette machine, ils sont tels, que l’Aca-démie des sciences , dans ses mémoires de 1749, déclare que, dans la sphèrede Passemant, on ne peut trouver en trois mille ans un seul degré de diffé-rence avec les tables astronomiques.

Quel travail immense et obstiné n’a-t-il pas fallu pour arriver à une aussigrande précision ! Doit-on être surpris d’apprendre que Passemant ait em-ployé plus de vingt années à cette recherche? Encore si ce savant mathé-maticien eût trouvé des tables des nombres premiers, portées aussi loinque celles de Sinus ; mais les plus étendues étaient celles du Père Prestet.Le jésuite Vaillant, en 1743, en proposa à l’Académie qui allaient à centmille ans; mais elles n’ont pas été imprimées, et d’ailleurs les calculs dePassemant étaient faits antérieurement à 1740.

Ainsi, il fallut non-seulement trouver des nombres exacts pour exprimerles révolutions des planètes, mais il fallut encore chercher tous leurs divi-seurs pour choisir ceux qui pouvaient être réduits en roues. Les nombrespremiers, se rencontrant à chaque pas, nécessitaient de nouvelles opéra-tions, souvent aussi infructueuses.

Non content de toutes ces difficultés, l’auteur en chercha encore de nou-velles en s’assujettissant, pour la solidité et la bonne harmonie de sa ma-chine, à donner à toutes ses roues des dentures à peu près égales; tandisque dans les ouvrages précédents on avait toujours mêlé de grosses dentures