NOTE 4
SULLY
Élève de Gretton, célèbre horloger de Londres , Sully, très-jeune encore,s’appliqua à l’étude de la mécanique et de quelques autres sciences qui ontpour base les mathématiques. Il fit, dès l’âge de dix-huit ans, des recher-ches sur l’astronomie qui le firent connaître et estimer du grand philosopheNewton ; il passa ensuite en Hollande, de là à Vienne, où il s’occupa dela lecture des Mémoires de l’Académie et de tous les livres qui pouvaientl’éclairer. Étant venu en France pendant la minorité de Louis XV , Sullyse lia particulièrement avec Julien Le Roy , dont la réputation commençaità grandir.
Pendant son séjour à Paris , Sully fut présenté au duc d’Orléans, régent deFrance , qui, après s’être entretenu quelque temps avec lui sur les sciencesmathématiques, lui donna une gratification de 1,500 francs, et le chargead’aller chercher à Londres des ouvriers horlogers habiles pour établir àVersailles une manufacture d’horlogerie. Elle fut établie, en effet, et ilen fut nommé directeur. Cette place lui fut d’abord très-avantageuse ettrès-lucrative : malheureusement il ne la conserva pas longtemps. Sully, àcette époque, n’avait pas une conduite régulière; il était prodigue à l’excès,et malgré tout son talent, la manufacture périclita sous sa direction, et ildevint nécessaire de lui donner un successeur. Ce fut Gaudron, horlogerdu régent, qui le remplaça.
Peu de temps après cette disgrâce, 1 artiste anglais , aidé par M. le maré-chal de Noailles, établit une autre manufacture à Saint-Germain, et celle-cine tarda pas à surpasser celle de Versailles . Cependant, soit que ces fabri-ques fussent mal dirigées, soit que le goût de l’horlogerie ne fût pas encorebien vif en France , elles ne tardèrent pas à tomber l’une et l’autre. L’An-
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