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COLLECTION ARCHÉOLOGIQUE
gleterre en profita pour engager Sully à revenir dans sa patrie avec tous lesouvriers qu’il lui serait possible d’amener avec lui. Sully retourna donc àLondres ; mais le peu de secours qu’il y trouva, joint à son inclination pourla France le ramenèrent bientôt à Versailles ; là, devenu plus laborieux etmoins prodigue, il acquit en peu de temps l’estime de toute la cour, et il setrouva bientôt, par son travail, non-seulement en état de subvenir à tousses besoins, mais aussi de satisfaire à ses engagements antérieurs. Ce futalors que, libre et l’esprit tranquille, il construisit son horloge à levier ho-rizontal pour l’usage de la marine. 11 appliqua son nouvel échappement àcette machine, et il la présenta à l’Académie . Bientôt le roi lui accorda unepension de six cents livres qu’il conserva jusqu’à sa mort.
L’horloge de Sully était travaillée avec beaucoup de soin, et elle marchapendant plusieurs semaines avec une régularité parfaite. Ce mode d’horlogeeut d’abord un grand succès; mais il ne dura pas longtemps : le nouveléchappement de Sully ne valait rien, et l’auteur lui-même fut obligé de leremplacer par celui à roue de rencontre.
En 1726, Sully fit un voyage à Bordeaux pour faire sur mer des expé-riences propres à constater le degré de régularité de son horloge. On peutvoir les détails qu’il publia à cette occasion dans une brochure intitulée :Description d'une horloge d’une nouvelle invention, etc.
Sully, après avoir été très-bien accueilli à Bordeaux , revint à Paris , où iltrouva ses affaires dérangées; le chagrin qu’il en éprouva altéra sa santé,et il resta longtemps malade. Dès qu’il fut rétabli, il entreprit l’exécution dela méridienne de Saint-Sulpice.
En 1728, il publia un petit ouvrage dont le titre était : Méthode pour ré-gler les montres et les pendules, dans lequel il donnait le plan d’un grandtraité d’horlogerie qu’il espérait peut-être un jour mettre à exécution.
Sully fit paraître successivement : la règle artificielle du temps, la nou-velle pratique pour connaître plus exactement la longitude dans la navi-gation.
Ce célèbre horloger fut un de ceux qui créèrent la Société des Arts, qui,protégée et présidée par le régent, rendit de grands services à la sciencechronométrique.
Après avoir employé beaucoup d’énergie pour étendre l’influence de cetteSociété, Sully en devint le martyr. Son zèle l’entraîna trop loin. Un jour,dit-on, ayant appris qu’une personne qui demeurait dans un quartieréloigné avait l’intention de présenter un ouvrage de nouvelle invention, il