histoire naturelle, liv. ii. 49
En vérité, nous ne sommes qu’ingratitude envers ceux qui lespremiers, par leurs travaux ôé par leurs recherches, nous ont donnéles premieres lueurs (4) de la lumière. Par une maladie d’efpritqui tient du prodige, nous nous plaisons à consacrer dans nos an-nales le carnage &. les meurtres,pour donner aux hommes la con-noiíTance des crimes qui détruisent le monde, avant même dcleur donner les premieres notions de l’Univers qu’ils habitent.Je dis donc que la lune est très voisine de notre district:, & queson cercle étant le moindre de tous, elle ne met par cette raison,que tl ~] jours Sc 8 heures à visiter les mêmes intervalles que Satur-ne, la plus élevée des planetes, met trente ans à parcourir, ainsiqu’on l’a dit plus haut. Elle reste ensuite deux jours (5) au plus enconjonction avec le soleil; & le trentième jour elle retourne denouveau à ses fonctions accoutumées. Je ne fais si l'on ne peutpas la prendre pour la méthode certaine de tout ce que nous con-noistbns du ciel ; comme, qu'il faut diviser Tannée en douze mois,d’autant que la lune atteint douze fois le soleil jusqu a ce qu’ilrevienne au point d’oùil est parti; que tous les autres astres font,ainsi qu’elle (6), réglés par le soleil, attendu que toute la lumière
mais si une feule cause fe rencontre,on ne verra la lune qu’au troisièmejour. Enfin s’il y a absence totale de cestrois causes , on ne verra la lune quevers le quatrième jour après fa con-jonction, ôcc. Principes qui renversentcette assertion de Pline : que la lunene demeure jamais plus de deux joursen conjonction avec le soleil.
(6) Le Pere Hardouin altéré ici letexte, en retranchant sans autorités &cfans raison tam ut ; il lit, dis-je, solisfulgore reliqua sidera regi Mais certeleçon est contraire à la vérité , ainfiqu a 1 intention manifeste de Pline ;en ce qu elle supposeroit que la luneÎ 1 est point comprise parmi les globes■éclairés du soleil. D ailleurs, sstl né-
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toit point question de la lune danscette phrase , on la perdroit entiere-ment d’idée dans la suivante ; & lors-qu ensuite il est directement questiondélie, on ne sauroit plus de quel as-tre Pline veut parler. J ai donc rejettela leçon du Pere Hardouin comme évi-demment vicieuse. Mais je lis avec luisidera regi , & non pas sidera tegi tcomme dans sédition d’Elzevire ; carcette leçon tegi est contraire aux ma-nuscrits : elle signifieroit que la lune &cles autres astres se perdent & s’absor-bent dans ies rayons du soleil, lors-qti’ils en approchent jufquau pointappelle conjonction. Mais la phrasesuivante si quidem &c. ne souffrepoint ce sens-là,
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