HISTOIRE NATURELLE, L I V. II. 73
tion à Pautre par les signes du zodiaque, demeurant d’ailleurs deuxmois dans chaque signe, tandis que les autres planetes , d’une sta-tion à Pautre , n emploient pas quatre mois pleins.
Ees deux planetes inférieures (7) , quand elles se trouvent enconjonction avec le soleil couchant , sont pareillement absor-bées dans fa lumière; puis, s’étant dégagées des rayons du so-leil (8) d’autant de degrés (9) que les supérieures, elles ont unlever matutinal totalement semblable auleur (10), Ensuite du pointle plus reculé de leur distance du íoleil, elles courent fur sestraces ; & Payant atteint , elles s’y absorbent , rencontrant acette borne leur coucher matutinal : puis reprenant de P avance furle soleil, insensiblement elles different de lui de onze degrés (11)au Couchant ; & alors elles ont leur lever du soir, jusqu à cequ’elles aient de nouveau franchi leur plus grande distance decetastre. Parvenues là, elles rétrogradent contre le soleil, qui, lesabsorbant de nouveau dans ses rayons, donne lieu, par í’immersionde ces planetes , à leur coucher du soir. Pour Vénus, elle faitses deux stations, l’une le matin, & Pautre le soir , étant dans sonplus grand éloignement d u soleil. Mercure est trop peu de temsstationnaire, pour qu’on puisse le surprendre en cet état (12).
Tel est le regîme des planetes dans leurs apparitions lumineuses& dans leurs disparitions. On voit quelles font assujetties à un mou-vement fort difficile à saisir, & enveloppé d’un grand nombre decirconstances propres à jetter Pesprit dans Pétonnement : d’autantque ces corps solides changent à nos yeux de grandeur apparenteauffi-bien que de couleurs ; qu’ils se dirigent tantôt au Septen-trion , tantôt au Midi, & qu’on les apperçoit en tel tems plus pro-ches du ciel, èí en tel autre plus voisins de la terre. En traitantcette matière, s’il m’arrive de réformer quelquefois les erreurs desEcrivains précédents, ce n est pas fans avouer qu’on est redevable
(12) Pline dit pourtant plus loin son émersion. L es Modernes placentque Mercure entre dans une forte de cette ftation de Aíercure au secondftation sensible le quatrième jour de jour ôc non au quatrième.
Tom. L K