Band 
Tome premier.
Seite
115
JPEG-Download
 

HISTOIRE NATURELLE, ii V. II. I iy

Celle à. laquelle le Roi Typhon (13), íous qui elle arriva, donnason nom, fut reconnue êtrcdu présage le plus funeste (24) aux peu-ples de l’Ethiopie Sc del’Egypte. Quant à son aspect, elle parois-soit toute en feu , torse comme une spirale, & moins une pla-nète, à vrai dire, qu’une forte de nœud igné. Les autres planetes5 c les étoiles mêmes acquièrent quelquefois une crinière lumi-neuse parsemée fort clair. Quoi qu il en soit,c’est une réglé gé-nérale qu’il ny a jamais de cometes dans la partie occidentale d uciel. L’apparition de cet astre est terrible à plus d’un égard; Scle courroux du ciel, dont il est l’interprete , ne s’aííbuvit pas ai-sément : témoin la guerre civile qui éclata sous le Consulat ci’Oc-tavius (25); & témoin celle qui s’éleva encore entre Pompée ScCésar (2 6). Ce même astre, soit lorsque le poison nous enlevaClaudius César, soit lorsque ce crime élevail’Empire Domitius

terne effrayant. II dit que l’approched’une telle comete est capable, ou deredresser Taxe de la terre ( ce qui,selon lui, nous procurerait un prin-tems perpétuel ), ou de bouleverserentierement le globe. Cela prouveque la terreur inspirée de tout temsau vulgaire par s apparition des co-metes influe fur Fesprit même & surl’apathie stoïque des Sages. Le fameuxJacques Bernoulli disoit que « si le« corps de la comete n’est pas un fl -» gne évident de la colere de Dieu,„ fa queue en pourrait bien être un »,ce qui semble supposer qu il regardoitcette queue comme un torrent d’eauimmense qui pouvoit submerger laterre, ou comme un volcan enflam-me qui pouvoit la réduire en cen-dres. Le grand Newton a vû les cho-ses plus a Fangloise, je veux dire avecplus de sécurité. II regarde le retourdes cometes comme des viiites bien-

faisantes & salutaires. II pense queleurs fonctions est de venir rendreaux globes qu elles avoiíìnent les for-ces dont ils pourraient être épuisés.Cette pensée vraiment hardie & di-gne du génie de Newton a été admi-rablement bien rendue par M. deVoltaire, ce génie non moins subli-me :

Cometes, que Ton craint à régal du tonnerre»Cessez d‘épouvanter les Peuples de la Terre ;Dans une ellipse immense achevez votre cours ;Remontez - descendez pies de l'astre des jours,Lancez vos feux , volez , 5c revenant fans cesseDes mondes épuisés ranimez la vieillesse.

(z 5) L’an §78 avant J. C. au temsde la guerre civile de Sertorius.

(2 6 ) Le Poète Lucain fait mentionde ces cometes.

Ignota obscurs viderunt íydera noctes,Atdentemque polum flammis, coeloque volantesObliquas per inane faces, crinemque timendi ■Syderis, & terris mutantem regna cometem.

P ij