HISTOIRE NATURELLE, L IV. II. l^J
de Saturne rendent principalement sensible par les grandes pluiesque leur époque nous amene.
Cette vertu n’est pas seulement particuliereaux planetes, elle l’estencore à plusieurs étoiles fixes, toutes les fois qu'une planète, dansson cours , vient frapper en apparence contre elles, ou les émou-voir en associant à leurs rayons ceux quelle réfléchit du soleil.Oeil: ce qui arrive aux sucules (2), que les Grecs ont qualifiés pourcette raison du titre pluvieux de hyades (3). II y a même des cons-tellations qúi, dans des tems réglés, amenent des effets sembla-bles fans le concours d’aucunes planetes. De ce genre font les che-vreaux (4) à leur lever. Pour l’étoile Aclure (5), elle ne se levepresque jamais fans amener de furieuses grêles ôc de violentestempêtes.
Des propriétés de la Canicule.
Es t-il quelqu’un qui ne sache que le lever de la caniculeexalte la chaleur du soleil au point de la rendre brûlante ? Cetastre produit les effets les plus étendus fur la terre. Quand il seleve, la mer fermente ; dans les celliers , les vins montent ; leseaux dormantes s’émeuvent. Les Egyptiens appellent Oryge unebête sauvage , qui, dit-on, se tourne vers cet astre à Í011 lever, lecontemple, & lui rend une forte d’hommage , qui consiste à é cer-nuer ( 1) en le regardant. Quant à la rage des chiens, on fait qu’elle11’est jamais plus fréquente que pendant la durée de la canicule (2 j.
étoile vers le septentrion près de laqueue de l’ourse j elle se leve en Sep-tembre Sc se retire en Mai.
(1) Éternuer en regardant un astre,c est réparer cet astre un autre soleil,c’est lui rendre un hommage que lesoleil seul a droit d’attendre, & quiconsiste à témoigner d’une maniérépaffive qu’on en est ébloui. Les Égyp-tiens concluoient donc que l’Orygeen eternuant à l’aspect de l’étoile ca-niculaire temoignoit par - là qu’il sa-luent cet astre, & qu’il lui rendoit le
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même hommage & le même tributqu au soleil. Tous les Commentateursíe font épuisés en conjectures absurdesfur le véritable sens de ce passagequ’aucun d’eux n’a , sû rencontrer.L’un croit que Pline s’est servi du motadorare , c’est - à - dire saluer parcequ’en eternuant on éprouve une se-conde qui fait baisser la tête. L’autreestime qu’il faut corriger adorare , &mettre en place adnotare j &ç. &c. &c.
(2) La canicule ou constellation duchien est composée de vingt étoiles,
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